Shakes & Fidget - France  
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Ancien 13/04/2012, 23h51
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Par défaut [RP SOLO] Mémoires du Mal



Le livre était là, posé sur une étagère poussiéreuse, au milieu de tant d'autres. Pourtant c'était lui qu'avait saisit sa main, comme si l'appel silencieux de l'ouvrage avait conduit sa conscience à l'en saisir. L'enfant le pris délicatement, passa sa main sur la reliure de cuire pour en chasser la poussière et en lu le titre: "Mémoires du Mal". Oui, il n'y avait pas à dire, sa lecture s'annonçait passionantre. Il s'assit à une table, ouvrit délicatement le manuscrit, et put alors constater qu'un message avait était annoté de la main de l'auteur:

Dans les livres, en général, les héros sont tous dotés de facultés spectaculaires, sont hors du commun et se distinguent par leurs prouesses légendaires. Ils sont capables de gagner un combat, seuls contre toute une armée, ils sauvent le monde une bonne douzaine de fois par jour, et le bien fini toujours par triompher du Mal.
Les livres mentent.
Je m'appelle Confusius, et au fil de ces pages, vous allez découvrir mon histoire. Toi qui t'apprêtes à pénétrer dans mon monde, je te livres mes sentiments en toute honnêneté, je te cèdes les moindres de mes pensées.
Je vous conterez le temps de quelque pages, comment un Homme seul peut arriver à détruire le monde pour l'asservir à sa cause.

A toi qui osera aller plus loin, voici mes mémoires.

Dernière modification de Confusius, 25/05/2012 à 22h28
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Ancien 19/04/2012, 22h33
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Première partie : L'enfance

Chapitre Premier: Les origines du Mal



Fort nombreux sont les Hommes qui se croient capables, à travers l'histoire d'un criminel, de pouvoir expliquer sa personne et ses actes en se basant sur des faits de sa vie. Ceux la même qui, n'ayant aucun mal a montrer les causes une fois les conséquences passées, ne seront en revanche pas capable de détecter les prémices du mal chez une personne.
M'est avis que l'Homme est part nature imprévisible, et que ce serait perdre son temps que de tenter d'expliquer rationnellement un être aussi complexe que celui-ci.

Mon enfance fut l'identique de celle de tant d'autres. Un gamin que la vie n'épargna pas, certes, mais rien qui ne suffirait à expliquer la personne que je deviendrait par le futur.

Ma mère me mit au monde un matin de printemps. Naissance non souhaitée, fruit d'une relation qu'elle entretint le temps d'une nuit avec un Homme qu'elle ne révérer plus jamais par la suite. Elle m'éleva néanmoins avec tout l'amour et la tendresse qu'une mère doit à son fils. Elle aimait les fleurs, et par dessus tout les camélias. Mon nom fut tout trouvé. Je m'appellerais Kamelio Kirhel'Ham.

Les premières années de ma vie, je ne m'en souviens évidemment plus. Au delà de souvenirs concrets, je me rappelles avec une précision déconcertante certaines sensations: le parfum de sa peau lorsqu'elle me serrait contre elle, sa voix douce et calme qui sonnait à mes oreilles, me plongeant dans une agréable sérénité, la douceur des ses caresses...

A l'aube de mes six ans, ma mère rencontra William, pour qui elle s'éprit d'un amour fou. Je me sentit délaissé au profit de cet Homme avec qui elle passait à présent le plus clair de son temps.
Et ce qui devait arriver arriva. Elle tomba de nouveau en ceinte, et neuf mois plus tard mon demi-frère pointait le bout de son nez, pour le plus grand bonheur de ma mère et de William.
Les années passèrent, plongeant mon petit monde dans une certaine monotonie, sentant que l'amour de mes parents se portait chaque jour un peu plus sur mon demi-frère. Je ne puis me résoudre à l’appeler par son prénom, non pas par haine à son égard, mais parce que l'ayant entendu un nombre incalculable de fois de la bouche de mes parents, j'en éprouve aujourd'hui encore une certaine répulsion.

A présent que le décors est dressé, parlons de cette fameuse journée, qui marquera mon existence d'une empreinte indélébile, et qui hantera mes jours à jamais.

De mémoire d'homme, jamais on avait connu un hiver aussi froid. Au dehors, la neige s'accumulait depuis plusieurs semaines, tombant en abondance et se transformant quasi-instantanément en glace, emplissant le paysage de milles éclats blanchâtres. Contrastant avec cette apparente beauté, le froid mordant avait déjà fait des victimes au village, et de nombreuses bêtes dans les troupeaux avaient succombées. On se dirigeait inéluctablement vers une période de famine, et tous priaient pour que le redoux surgisse à nouveau.
Un soir, alors que je rentrais des classes, qui exceptionnellement se finissaient plus tôt afin que tous les élèves soient rentrés chez eux avant la tombée de la nuit synonyme des heures les plus froides de la journée, j'aperçut le docteur du village qui sortait de ma maison. M'apercevant, il vint à ma rencontre.

-Bonsoir Kamelio, commença-t-il, l'air grave. Je ne sais pas si c'est à moi de t'annoncer cela, mais saches que ta maman est gravement malade. Je viens de l'ausculter, et il semblerait qu'elle ait attrapé un mal dont j'ignores les origines, et que je soupçonnes être dû au froid.

Sur le coup, je ne saisit pas toute l'importance de la nouvelle. Pour moi, ma mère était malade, elle allait prendre un cachet, ou bien une tisane comme elle m'en donnait lorsque je ne me sentait pas bien.

-Mais je ne penses pas que ces précisions médicales intéressent un gamin de neuf ans, poursuivit le médecin. Tu devrais rentrer la retrouver, tu risque d’attraper froid toi aussi. Saches qu'il faudra être au petits soins avec elle, et qu'elle aura besoin de beaucoup de repos.

Elle ne passa pas la nuit.
Le lendemain matin, à mon réveil, je la retrouvait pourtant comme je l'avait abandonnée la veille. Elle semblait dormir, mais elle ne respirait plus, son coeur ne battait plus. J'avais beau l'appeler, crier son nom, elle ne répondait plus. J'avais beau la secouer de toutes mes forces, mes mains parcouraient inutilement la peau froide de son corps inanimé.
Quelqu'un m'écarta en douceur du spectacle morbide. On me dit quelque chose. Je n'entendais rien. La peur me paralysait, inhibait mes sens, me plongeant dans une sorte de léthargie. J'allais me réveiller. Il le fallait. Mais plus le temps passait, plus la cruelle réalité s'immiscée en moi.

Quand on perd un être cher si jeune, on ne réalise pas vraiment ce qui se passe. Expliquer à un enfant de neuf ans la mort, alors qu'il n'y a encore jamais été confronté, n'est pas mince affaire. Je n'échappais pas à la règle. Ma douleur n'était pas vraiment naturelle. Je pleurais parce que je voyais tous les gens autour de moi pleurer. J'afficher un ait grave, sans vraiment savoir pourquoi, juste pour faire comme les autres. Mon demi-frère, lui, comprenait encore moins que moi la scène qui se déroulait sous nos yeux. Un enchevêtrement de cérémonies, de complaintes, de paroles identiques prononcées sur un ton grave par la famille et les amis proches. Rien ne nous y avait préparé nous baignions dans l'inconnu, et je n'avais qu'un seul désir, que tout cesse.

Suite à cela, William fut contraint de nous élever seul, la dernière volonté de ma mère ayant était qu'il continue de s'occuper de moi comme de son propre enfant. Ce n'était malheureusement pas aussi simple qu'elle l'avait pensée. Entre le surplus d'amour involontaire qu'il accordait à son fils naturel, et les tréfonds de l'alcools dans lequel il sombra rapidement, je me sentais plus que jamais seul.

Mon âme meurtrie, taisait des douleurs profondément enfouies en moi, et je n'avais comme seul exutoire, le monde que j'inventais à ma guise lorsque je me trouvais seul ou endormi.

Dernière modification de Confusius, 22/04/2012 à 15h06
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Ancien 22/04/2012, 15h05
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Chapitre deux : Le cancre



Lorsque l’on perd un être cher, tout le monde devient gentil avec vous. Les personnes de ma classe, avec qui je n’entretenais pas spécialement des relations cordiales, c’étaient toutes éprises d’une soudaine attention à mon égard, et ce pour mon plus grand regret. Leurs mots, leurs gestes, puaient la fausse modestie à des kilomètres à la ronde. Les premiers jours, tous conversaient à voix basse en me jetant des regards inquiets. Je devinais aisément la nature de leurs conversations, et cela tendait à me rendre d’autant plus mal à l’aise. Mais avec le temps, les douleurs s’estompent, et la pitié des gens finie toujours par retomber. Aussi, une semaine après le décès de ma regrettée mère, tous semblèrent oublier ma peine, et retrouvèrent leurs vieilles habitudes.

Parmi ceux qui m’exaspéraient le plus, Tommy et sa bande étaient de loin les pires. Ils avaient eu la très bonne idée de me considérer comme leur tête de turc, et chaque fois qu’ils avaient besoin d’un cobaye pour passer leurs nerfs, ou pour s’amuser un peu, ils ne juraient que par moi. Pourquoi, me demanderez-vous ? Je n’en savais fichtre rien, même si quelques hypothèses s’imposèrent à moi comme probables causes de leur acharnement sur ma personne. Peut être m’avaient ils en ligne de mire, tout simplement parce que je n’avais guère d’amis pour me défendre, ou bien encore parce que j’étais l’un des rares enfants dont les parents, William en conséquence, n’attachaient guère d’importance à mon sort. J’étais donc une cible idéale, toute désignée pour donner cœur joie à leurs imaginations malsaines.

Un jour, pendant la récréation, alors que j’étais tranquillement assis au pied d’un arbre, lisant comme à mon habitude un livre sur je ne sais trop quelle histoire de chevaliers, j’entendis leurs ricanements s’approcher de moi. D’instinct, je fermais mon livre pour éviter qu’ils ne l’abime, et leva un regard indifférent dans leur direction.

-Oh ! Mais c’est notre ami kaméli-méro ! lança un Tommy hilare au reste de sa troupe, qui sous la baguette de leur chef, se mit aussitôt à rire de cette piteuse blague sur mon prénom.

Je me levais lentement, et m’éloigna d’eux afin de couper court à leurs sobriquets, mais mon indifférence ne plut pas à Tommy, qui me suivit, réglant son pas sur le mien.

-Dit ! Tu pourrais faire preuve d’un peu plus d’attention quand on te parle ! reprit-il en m’attrapant par l’épaule droite, m'arrêtant dans mon élan, et me forçant ainsi à lui faire face.

Son visage transpirait la haine, bien que je n’eu rien fait pour mériter cet acharnement.

-Je suis désolé, tu as sans doute raison, répondis-je en baissant les yeux, ne voulant pas le vexer, et ne souhaitant surtout pas lui donner des raisons pour me maltraiter un peu plus.

-Sans doute ? répéta-t-il, et sa voix se fit plus forte, sous l’effet de la colère. Saches que j’ai toujours raison. Le doute, c’est pour les faibles. Insinuerais-tu donc que je sois faible, Kamélio ?

Je n’eu pas le temps de lui répondre. Il me poussa violemment, et je me retrouvais à terre, à la merci des coups que me portèrent alors l’intégralité de la bande.
Ce soir là, je rentrais une fois de plus couvert de bleus et de plaies, et William, comme à son habitude, n’en fit aucun commentaire.

A l’école, je n’avais pas plus de succès auprès de mes camarades que je n’en avais pour les études. Non pas que je fus stupide, juste qu’apprendre des choses qui ne me passionnaient pas, je trouvais cela ennuyeux et inutile. Je n’avais qu’une passion dans ma vie : la lecture. Le reste m’importait peu. Aussi, très vite fus-je en échec scolaire, mes notes frisant quasi-systématiquement les plus bas niveaux, symboles du dédain que je portais pour toutes ses matières que l’on nous enseignait. Au début, mes professeurs mirent ça sur le compte de la perte de ma mère. Ils firent preuve d’une immense patience à mon encontre, pensant qu’un jour, j’aurais le déclic, et que tous leurs efforts n’auraient pas été vains. Je ne vous cache pas leur déception, lorsque la dernière année d’école générale arriva, et que mes notes ne se relevaient pas d’un pouce.

Dans mon village, le système scolaire était très sélectif. Jusqu’à l'âge de onze ans, on nous apprenait une foultitude de matières à enseignement général, parmi lesquelles la calligraphie, l’herboristerie, la magie, le combat théorique… pour ne citer que celles-ci. Puis arrivée la dernière année d’école, nous devions nous spécialiser soit dans la magie, soit dans l’art du combat, afin de nous préparer au mieux en vue d’intégrer une des deux prestigieuses écoles supérieures, lors d’un examen final.
La première, L'Académie de Magie, directement sous le contrôle de la guilde des mages, apprenait à ses élèves les plus talentueux à utiliser la magie sous ces diverses formes.
La deuxième, Le Centre de Formation des Chevaliers, dépendant des services et enseignements prodigués par les chevaliers de La Confrérie, enseignait l’art du combat de manière générale, mais aussi la défense et les stratégies militaires avancées.

Sur les soixante élèves en dernière année d’école générale, quinze seraient sélectionnés dans chacune des deux écoles susnommées. Pour la moitié restante, ils devraient définitivement abandonner leurs rêves de joutes épiques et de gloire, pour se consacrer à une formation d’intérêt générale. C’étaient ceux la qui deviendraient les forgerons et autres médecins de demain, et dont dépendait aussi le bon fonctionnement du village.

En cette dernière année, donc, les professeurs avaient choisit pour moi la matière ou j’avais obtenus les moins mauvais résultats, à savoir la magie. Mes notes étant constamment les plus basses de mon groupe, personne ne se faisait d’illusion quand à mon avenir, moi le premier. Aussi, à une semaine de l’épreuve finale, alors que les professeurs nous ressassaient sans cesse l’importance de cet examen, prodiguant grands nombres de conseils et de rappels de dernières minutes, je me sentais bien loin de tout ce remue ménage. Ce que je voulais faire de ma vie ? J’en avais bien une petite idée, rien de bien précis. La suite en décida autrement.

Dernière modification de Confusius, 02/06/2012 à 14h48
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Ancien 11/05/2012, 00h02
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Résumé des chapitres précédents : Après la mort de sa mère, Kamélio nous raconte à quel point il a été difficile pour lui de retourner à une vie normale. Il nous décrit les problèmes qu’il rencontre à l’école, tant sur le plan scolaire qu’avec ses relations à autrui, et tout particulièrement avec Tommy, le caïd de la classe qui le prend constamment en grippe. Le système d’études, basé sur une sélection rigoureuse de talents dans les domaines de la magie et du combat, en vue d’intégrer une des deux prestigieuses écoles spécialisées, n’est pas du tout à son goût, aussi très vite se retrouve t’il en échec scolaire. A une semaine du concours final, il se trouve alors en bien mauvaise posture, et son avenir semble tout tracé…



Chapitre 3 : Un serment pour l’avenir.



Traditionnellement, la semaine précédant les examens, chaque école de la région recevait la visite d’un Apprenti de L’Académie de Magie et du Centre de Formation des Chevaliers, afin de sensibiliser les futurs aspirants à ce qui les attendraient dans leurs éventuelles poursuites d’études.

Ce jour là, le directeur de l’école vint interrompre nos séances intensives de révisions, pour le plus grand soulagement des élèves qui croulaient sous la charge de travail et la pression des examens imminents. C’était un homme petit, grassouillet, qui n’avait guère plus d’une mèche de cheveux sur les bords de son crâne, et qui avait pour fâcheuse habitude de réajuster ces lunettes de son index toutes les cinq secondes.
Il s’avança de sa démarche lourde à la rencontre de Monsieur Bertinou, notre professeur principal, et lui chuchota quelque chose à voix basse. Ce dernier acquiesça silencieusement d’un hochement de tête, et se mis sur le côté de manière à mettre le directeur sur le devant de la scène.
Il se racla la gorge, puis pris la parole, sa petite voix fluette raisonnant avec force dans la salle.

-Bonjour à tous, commença t’il en remontant ses lunettes sur son long nez crochu.

Il attendit que les élèves lui renvoient la politesse dans un murmure à peine audible avant de poursuivre.

-Bien ! Vous n’êtes surement pas sans savoir que cette semaine marque un tournant décisif quant à votre avenir PRO-FE-SSIO-NNEL, poursuivit-il en insistant longuement sur le dernier mot, détachant soigneusement chaque syllabe.

Il y eu une vague de sourires narquois parmi les élèves. Ca faisait juste trois mois que tout le monde ne leur parlait plus que de ça, parents comme professeurs. Il ne leur apprenait rien de bien nouveau.

-Bien, bien… Silence je vous pris !

Les rares élèves qui conversaient à voix basse se turent instantanément.

-Bien ! A cet effet, nous avons l’immense honneur d’accueillir deux élèves qui répondront à toutes vos questions durant les minutes à venir. Le premier en est à sa dernière année d’Apprenti Chevalier. Voici Jason Longorg.

Il se tourna vers la porte d’entrée et lança un sourire peu rassurant au jeune garçon qui entrait dans la salle de classe. Il était grand, costaux, les cheveux coupés à ras, et affiché un air sérieux sur un visage aux traits sévères… C’était la caricature même du parfait petit chevalier décrit dans les comtes pour enfants. Il salua l’assemblée d’un signe de tête, puis se plaça a côté du directeur, bras derrière le dos, dans une posture ressemblant à s’y méprendre à un garde à vous.
Le directeur repris son monologue.

-Le deuxième…ou plutôt LA deuxième devrais-je dire… il s’interrompit, apparemment satisfait de la piètre blague qu’il venait de faire. La deuxième, disais-je donc, nous viens tout droit de L’Académie de Magie, qu’elle a intégrée l’année dernière. Je vous demande d’accueillir Stella Stakovic.

Tous les élèves reportèrent leur attention sur l’entrée de la salle. Une jeune fille, guère plus âgée que nous fit une apparition timide et se hâta de rejoindre le directeur et Jason, qui lui restait toujours impassible et immobile, et dont on n’aurait pu dire s’il était toujours vivant ou non.

Lorsque que je la vit, j’eu l’impression qu’elle n’était pas humaine. De sa personne se dégageait une aura de bonté, qui aurait suffit à attendrir le plus turbulent des Hommes. Elle avait de magnifiques cheveux couleur or, qui ondulaient de manière parfaite jusqu’à ses épaules, un sourire féerique qui venait traverser un visage non moins sublime, et des yeux d’un bleu intense, se mariant harmonieusement avec le reste de sa personne.
La démarche souple, on aurait dit que ses pieds délicats glissaient sur le sol. Arrivée à bon port, elle sourit à la classe, puis détourna le regard, comme gênée d’être le centre des attentions.

Je n’arrivais pas à détacher mon regard de sa personne, envouté par tant de grâce, et remerciant silencieusement le ciel de m’avoir accordé ce spectacle inoubliable.
Tommy semblait avoir remarqué que j’apportais une peu trop d’attention à la jeune demoiselle, puisqu’il donna un coup de coude à son voisin, et tous deux partir dans un concerts de rires qui eurent pour effet de me sortir de ma torpeur.

Je leurs jetais un regard noir, qu’ils me rendirent sans broncher, les maudissant intérieurement pour leur manque de tact, puis je reportai mon attention sur les deux intervenants, essayant de modérer mon enthousiasme envers Stella Stakovic.

-Bien, bien… Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser !

Le directeur alla rejoindre Monsieur Bertinou, laissant les deux apprentis seuls face à la classe. Plusieurs mains se levèrent.

-Oui, toi ! annonça Jason en montrant Tommy de la main, prouvant par la même occasion qu’il était toujours en vie.

-J’aurais voulu savoir si on avait souvent des entrainements en situations réelle ! Enfin de la baston quoi ! En disant cela, son regard s’illumina.

-Ben tu sais, répondit Jason d’une voix niaise, c’est surtout de la théorie qu’on met en pratique entre nous durant des entrainements ! C’est qu’à partir de la troisième année qu’on nous donne des missions à faire pour le compte de La Confrérie.

Tommy parut déçu, ce qui eu pour effet de me combler de joie. Il dût s’en apercevoir, car aussitôt il m’adressa discrètement un geste grossier de la main.

-Est-ce que c’est vrai qu’on doit se spécialiser dans un type de magie ? demanda une autre élève, cette fois ci à l’attention de Stella.

- Exactement, dit-elle d’une voix calme et douce, en adressant un sourire radieux à l’élève concernée. Tu devras choisir en deuxième année entre la magie de Soutient, axée sur les soins, la magie de Combat ou les Invocations. Il faut faire gaffe à bien choisir sa voix, car ensuite on ne peut plus faire machine arrière ! Mais ne te fais pas de soucis, on est très bien encadrés, et en général, peu de personnes se trompent de spécialisation.

L’entretient se poursuivi un bon moment, tous les élèves souhaitant faire part de leurs inquiétudes, et cherchant un peu de confort auprès de ceux qu’ils côtoieraient peut être dans peu de temps.
Ce fut le directeur, qui coupa court à l’échange.

-Bien ! Bien ! Vraiment bien ! Je pense que nous allons en rester la pour cette fois, dit il en regardant simultanément Jason, Stella, puis les élèves qui continuaient à lever les mains pour soumettre leurs questions.

-Un grand merci à nos invités du jour, qui, j’ose l’espérer, vous aurons permis de voir plus clair quant à votre avenir !

Après avoir chaleureusement remerciés le chevalier et la magicienne, les élèves commencèrent à se presser vers la sortie. C’était la fin des classes, et tous avaient hâte de rentrés chez eux histoire de souffler un peu après cette journée harassante et riche en émotions.
Je suivis le reste du groupe, en jetant au passage un regard furtif à l’attention de Stella, qui à présent s’était lancée dans une conversation animée avec Monsieur Bertinou.

Alors que je descendais les marches menant à la cour de récréation, quelque chose attrapa ma jambe, me faisant basculer en avant et dégringoler les cinq dernières marches de l'escalier en marbre. J’atterris sur le dos, le souffle coupé, l’immense étendue azur du ciel s’étalant sous mes yeux qui s’étaient floutés sous la force de l’impact. Quelqu’un apparu dans mon champ de vision au dessus de ma tête. C’était Tommy. Il affichait un sourire qui ne présageait rien de bon pour moi, et ses acolytes à ses côtés faisaient déjà craquer les jointures de leurs mains.

-Comme tu es pitoyable mon pauvre Kamélio ! Dommage que l’autre magicienne de pacotille ne soit pas là pour te voir !

Puis s’adressant à quelqu’un que je ne pouvais voir :

-Toi ! Relève-le !

Je sentis qu’on me soulevait brutalement par les aisselles pour me remettre sur mes pieds. Il poursuivit :

-Tu sais, mon petit, j’ai bien vu que tu faisais ton Don Juan avec la sorcière ! Il cracha par terre.

Les Mages et les Chevaliers ne pouvaient pas se supporter, c’était comme ça depuis toujours.

-Mais il faudrait te réveiller ! Personne n’est assez fou pour pouvoir tomber amoureux d’un être aussi minable et moche que toi !

Je sentis un sentiment de colère monter en moi.

-Remarque, quand on voit la tête qu’avait ta mère, on comprend mieux pourquoi…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Mué par un sentiment de haine que je n’avais encore jamais connu jusqu’alors, je l’attrapais à la gorge, le forçant à se taire, et je le soulevais en l’air avec une facilité déconcertante. Ses pieds ne touchaient plus le sol, et déjà il commençait à suffoquer, cherchant du soutient parmi sa bande. Personne autour de lui n’osait lui venir en aide, trop abasourdis par le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux.
La colère céda peu à peu place à une étrange sensation de puissance et de maîtrise de moi. Je ne m’étais jamais sentit aussi bien de toute ma vie, j’avais l’impression que je pouvais tout faire.

D’une voix étrangement calme et froide, je lui dis :

-Tu vas payer pour ce que tu viens de me dire Tommy. Pour tout ce que tu m’as fait subir depuis toujours…

Tommy était au bord de l’évanouissement. Il gémissait, lançant des sons gutturaux qui mourraient dans sa gorge sous l’effet de l’étranglement. Il m’implora silencieusement du regard, alors que les sons cédèrent place à des spasmes, et je soutins son regard avec délectation.

-Séparation ! Tonna une voix derrière moi.

De vives brulures se firent sentirent dans mes mains, m’obligeant à lâcher Tommy, qui vint s’écraser lourdement au sol, tout en reprenant de vives bouffées d’air.
Je me retournais lentement, la puissance dévastatrice qui m’avait soudainement habitée s’étant évaporée tout aussi rapidement qu'elle ne m'avait gagnée. Je vis Stella, les bras levés, en posture offensive, et compris qu’elle m’avait lancée un sort. Je commençais à prendre conscience de mes gestes. Tommy, lui, se massait la gorge, les larmes aux yeux, et n’osait pas lever la tête vers moi.

Stella s’avança à ma rencontre, et me saisit par l’épaule, m’obligeant à la suivre dans un coin reculé de l’école, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes.
Elle me dévisagea pendant un instant qui me sembla durer une éternité. Puis finalement…

-C’était quoi, ça ? Me demanda-t-elle.

J’haussais les épaules.

- Bah, je sais pas… C’est la première fois que je réagis comme ça. D’habitude je suis plutôt du genre à rentrer la tête entre les épaules et à me prendre les coups de Tommy et des siens.

Elle se mit à rire, ce qui me surprit étant donné les circonstances. J’avais faillit tuer Tommy, et elle, tout ce qu’elle trouvait à faire, c’était se marrer. Devant mon air incrédule, elle se mit à rire de plus belle. Sa joie était communicative, et bientôt je me mis à rigoler de concert avec elle. Lorsque nous parvînmes à reprendre notre sérieux, elle m’avoua, dans un grand sourire :

-Tu sais, ce Bobby la, ou je ne sais quoi… bref, j’ai entendu comment il te parlait, et crois moi que j’ai été choquée. Si ça n’avais tenu qu’à moi, je t’aurais sans doute laissée le massacrer !

Elle me fit un clin d’œil.

-Mais bon, ça aurait été un vrai gâchis de devoir faire des tonnes de paperasse pour un type comme lui… C’est juste ça qui m’a motivée à intervenir !

Soudain, son visage devint grave.

-Euh… je voulais savoir…commença-t-elle. Pour ce qu’il a dit au sujet de ta mère…

-Tu veux savoir si ma mère est morte c’est ça ? Et bien oui. Elle est décédée des suites d’une grave maladie.

Stella me mis une main sur l’épaule.

-Je suis sincèrement navrée…

-Bah, tu n’as pas à l’être ! Tu ne pouvais pas savoir après tout.

Elle retira sa main, et nous restâmes silencieux quelque instants, comme pour donner du poids aux paroles que nous venions d’échanger.

-Bon ! Je suppose que tu dois être impatient d’en découdre en fin de semaine, reprit-elle. J’espère sincèrement que tu seras pris ! dit-elle en laissant paraître un réel enthousiasme.

-A vrai dire, je ne suis pas plus intéressé que ça par toutes ces longues études ennuyeuses, lui confiais-je. Je préfère de loin me consacrer à des choses plus… comment dire… passionnantes !

Elle sourit, le regard dans le vague.

- Tu me rappelles moi l’année dernière… J’étais exactement dans la même situation que toi, j’étais indécise et n’avais goût pour rien sinon les dessins que je faisais à longueur de journée.

-Ah bon ? Demandais-je. Et qu’est ce qui t’as fait changer d’avis ?

Elle attendit un moment avant de répondre, semblant se remémorer un passé auquel elle ne tenait pas particulièrement.

-Et bien, certains concours de circonstances ont fait que j’ai décidée de me prendre en main. Je me suis juré de faire quelque chose de ma vie, de prouver que moi aussi je pouvais devenir quelqu’un, quoi qu’en disent les gens autour de moi. Tu dois sans doute avoir une passion toi aussi ?

-J’aimes énormément lire ! Et plus tard, j’aimerais devenir un grand écrivain, pour pouvoir à mon tour faire rêver les gens, les transporter dans mon monde. Leurs permettre d’oublier un instant leur ennuis.

Stella se remit à rire, et j’eus l’impression qu’elle ne me prenait pas vraiment au sérieux, moi et mes projets fous. Pourtant…

-Tu as raison de croire en tes rêves… Ce sont eux qui doivent guider tes pas. Ne perd jamais cette force qui t’anime, cette volonté de réussir sur cette voix. Mais malheureusement, les rêves ne nous permettent pas de vivre ! Il faut que tu comprennes que le monde dans lequel nous vivons est impitoyable sur ce point là. Alors je n’ai qu’une chose à te dire Kamélio ! Deviens magicien ! Apprends la magie, vis des aventures, forge toi un nom ! N’invente pas tes histoires, vis les Kamélio ! Donne toi les moyens de réaliser ton rêve, et enfin, quand tu seras riche de nombreuses expériences, tu pourras la rédiger… l’œuvre de ta vie.

Alors que je levais les yeux vers les siens, je vis une larme couler sur sa joue. Scintillant tel un diamant, elle semblait gardienne de tant de secrets, de douleurs et d’espoirs. Elle l’essuya d’un doigt.

-Promet moi que tu feras tout pour devenir un excellent mage !

Nos regards se croisèrent, le sien semblait m’implorer. Il n’y avait pas plus de dix minutes que l'on se connaissaient, et voila qu’elle me demandait de faire des promesses qui m’engagerait pour toute ma vie. Pourtant, je savais au fond de moi que ce qu’elle venait de me dire était l’entière vérité. J'avais toujours voulu la renier, parce qu’il est tellement plus facile de vivre dans l’illusion…

-C’est promis, dis-je dans un souffle.

Elle me parut encore plus belle, me souriant avec une grâce que je ne lui connaissais encore pas. Elle semblait aussi soulagée, comme si mon sort l’intéressait ou comme si elle s’identifiait en moi.

-Super ! Exulta-t-elle. Bon, je vais te laisser, j’espère donc te revoir prochainement à L’Académie !

Je la saluai, puis elle tourna les talons et commença à s’éloigner de moi, avant de faire volte face.

-Ah et au fait petit malin ! La prochaine fois qu’une fille te tape à l’œil, évite de la fixer bêtement pendant une heure ! Tu avais l’air tout à fait ridicule avec ton petit filet de bave qui pendouillé de ta bouche ! Sur ce point la, Jimmy n’avait pas tord !

Elle me fit un nouveau clin d’œil que je ne remarquais pas, trop occupé à teinter mes joues de la plus belle couleur pourpre dont elles étaient capables…

Dernière modification de Confusius, 13/05/2012 à 22h25
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Résumé des chapitres précédents : Alors que l’examen final est imminent, les élèves ont reçus la visite de deux jeunes apprentis, l’un de l’Académie de Magie, et l’autre du Centre de Formation des chevaliers. Stella Stakovic, élève dans la première des deux écoles susnommées, se détache aux yeux de Kamélio qui la trouve particulièrement attirante. Une fois l’entretient terminé, Tommy et Kamélio ont une vive altercation durant laquelle ce dernier ressent un étrange pouvoir prendre possession de son corps. Leur combat est stoppé par Stella, au moment ou Tommy commençait à être dans une bien mauvaise posture. S’ensuit alors une longue conversation entre Stella et Kamélio, durant laquelle il apprend que comme lui, Stella ne voulait pas continuer ces études étant plus jeune. Elle parvient à le convaincre non sans mal de donner son maximum en vue d’intégrer l’Académie de Magie. Il finit par lui en faire serment…



Chapitre 4 : L’examen final



C’était le grand jour. Enfin. Après tant d’années passées à étudier, apprendre et appliquer, tout était suspendu à cet examen fatidique, qui changerait à jamais la vie des élèves. Alors que j’avançais dans les couloirs de l’école, me dirigeant d’un pas peu assuré vers la salle où l’épreuve se déroulait, j’aperçu mes camarades, adossés contre un mur pour certains, assis la tête entre les mains pour d’autre, en proie à un stress terrible.
Certains tendaient l’oreille en direction de la porte sur laquelle un écriteau « silence, examen en cours » y avait était fixé, espérant ainsi surprendre des brides de conversations, ou autres informations sur le déroulement de l’examen. Je m’intercalais entre deux élèves enclins à des révisions de dernières minutes, et me mua dans le même silence pesant que les autres, respectant l’atmosphère lourde et suffocante qui planait en ces lieux.

Soudain, la porte s’ouvrit sans cérémonie, et une vieille dame à l’air sévère annonça le nom du prochain candidat.

-Jordan Lyndarus !

Puis elle regagna la salle aussi vite qu’elle ne nous était apparue, tel un renard regagne sa tanière après avoir discerné une quelconque source de danger.
Le dénommé Jordan pâlit, et s’avança maladroitement à la suite de la vieille, croisant le regard vide de ses camarades afin d’y trouver réconfort et encouragements. Ce fut peine perdue. Il gagna donc la salle dont la porte claqua aussitôt, replongeant le couloir dans un silence encore plus pesant, puisque chaque nouveau candidat passé rapprochait inexorablement les suivants du moment tant redouté, et, paradoxalement, tant attendu à la fois.
D’autres élèves suivirent, tandis que je restais avec quelques autres, bercé par les battements secs et rapides de mon cœur, une boule dans l’estomac.

La scène était étrange. Le temps semblait avoir ralentit, comme pour nous rappeler que nous ne dépendions plus que de sa seule volonté. Aurait-il décidé d’accélérer subitement que nous aurions été incapable d’y changer quoi que ce soit. Seul témoin silencieux de ses actes, le nombre d’élèves présents dans le couloir, qui ne cessait de diminuer, tel un compte à rebours intraitable, utilisant les étudiants comme un sablier utilise des grains de sables afin de matérialiser son passage.
Alors que je pensais que mon tour ne viendrait jamais, la porte s’ouvrit pour la énième fois, et la vielle annonça enfin mon nom.

-Kamélio Kirhel’Ham.

Les quelques personnes encore présentes dans le couloir me lancèrent un regard furtif, et ricanèrent en silence, ne se faisant guères d’illusions sur mon échec à l’épreuve finale. Je ne pouvais pas leurs en vouloir, les ayant habitués tout au long de ma scolarité à mon piètre niveau.
J’avançais timidement dans la salle, et n’entendit pas la porte claquer derrière moi, trop occupé à découvrir la disposition de la salle qui s’offrait à mes yeux. C’était ici que d’habitude se déroulait les séances de magie ou de combat appliqués. La salle, outre le fait d’être de taille immense, offrait en plus l’avantage d’être entièrement insonorisée, aussi aucun bruit extérieur ne viendrait troubler le bon déroulement de l’examen.
En plein milieu de celle-ci, un bureau avait été installé, derrière lequel monsieur Bertinou, notre professeur principal, était avachi sur une chaise, regardant d’un œil attentif le déroulement des épreuves. A ses côtés, la vieille dame qui était venue me chercher repris place, et se lança dans la lecture d’une revue, comme si ce qui se déroulait autour d’elle la laissait entièrement de marbre.
La première moitié de la salle était consacrée aux examens de combats. Déjà un élève était occupé à répondre aux questions d’un jury formé de trois personnes. Ironie du sort, c’était Tommy, et il semblait s’en sortir de manière honorable.
La deuxième moitié, celle qui m’intéressait ici, était la partie réservée aux épreuves de magie. Comme pour les combats, le jury se composait de trois membres. Le premier, tout à gauche, était un homme jeune et fort beau, que je soupçonnais d’appartenir au peuple des elfes, ses grandes oreilles et son apparence candide faisant foi. Il me souriait, comme pour m’encourager et me rassurer. La place du milieu quant à elle était occupée par une dame d’un âge avancé, aux cheveux grisonnant, le regard se perdant derrière d’immenses lunettes aux verres d’une épaisseur incroyablement disproportionnés. Elle lisait des fiches et ne m’accorda de prime abord pas le moindre regard. Enfin, le dernier membre du jury, était un homme d’une cinquantaine d’année, les yeux petits et malins, il avait l’air de quelqu’un qui aime rigoler : les traits de son visage lui donnaient l’air de sourire constamment. Seul élément jurant avec sa personnalité, le ridicule chapeau qu’il portait, couleur vert émeraude, et sertit d’une plume rouge, lui donnant un faux air de Robin des bois.
Je contemplais l’étrange trio ainsi formé, m’attendant à tout moment à ce qu’ils se lèvent et se mettent à jouer une de ces mauvaises pièces de théâtre dont j’avais horreur.
Je souris à cette idée. Monsieur Bertinou du le remarquer, puisqu’il se racla bruyamment la gorge, me sortant de ma torpeur et me ramenant à la dure réalité.

-Je vous présente Kamélio Kirhel’Ham, élève spécialisé dans la discipline de la magie au sein de cet établissement, annonça t’il d’une voix de stentor, comme s’il essayé de venter sans convictions les mérites d’un mauvais produit.

-Kamélio, voici Dame Moona, doyenne de l’Académie de magie, expliqua t’il en me montrant la vieille du milieu qui resta impassible, plongée derrière ses fiches, ainsi que Maîtres Teriakis –il me désigna Robin de bois- et Anarion –son regard se posa sur l’elfe- tous deux professeurs respectés au sein de l’Académie.

Je saluais poliment chacun des trois membres du jury, qui, à l’exception de Dame Moona, me rendirent mon salut d’un hochement de tête.

-Bien, jeune homme. Vous êtes là pour passer l’épreuve finale, et, si vous faites montre de grandes aptitudes, intégrer l’Académie de Magie, me rappela Dame Moona d’une voix chaleureuse qui contrastait avec son apparence rugueuse.

Elle remonta ses lunettes sur son nez et daigna enfin me regarder en face. Son regard était pétillant malgré son âge, et on sentait que son apparence n’incarnait en rien son attitude. Je fus pris d’une grande bouffée de compassion et d’affection pour cette femme.

-Au regard de vos résultats, vous semblez éprouver les plus grandes difficultés dans l’apprentissage et la mise en pratique de la magie. Ce disant, elle reposa sa fiche sur le bureau devant elle.

-Néanmoins, continua-t-elle, sachez que seule importe votre prestation du jour, et que vos résultats passés n’influeront en rien sur notre décision finale.

J’acquiesçai en silence, pour signaler que j’avais saisis le principe, et mon attention fut entièrement consacrée à ces paroles, attendant avec impatience les questions et épreuves qui m’étaient destinées.

-Bien, si vous n’avez aucune question, je vous propose de commencer.

Monsieur Bertinou me dévisagea d’un air craintif, pour ne pas dire honteux. Il s’attendait au pire avec ma prestation, et ne s’en cachait pas, rongeant avec vigueur les ongles de sa pauvre main.
Robin des bois – j’avais oublié son nom et il est plus facile pour moi de l’appeler ainsi – ouvrit les hostilités en me posant la première question :

-Pouvait vous me dire en quelle année a été fondée l’académie ?

Une question sur l’histoire. Ca commençait plutôt mal.

-Heu…Et bien…balbutiais-je.

Quelque secondes s’écoulèrent, puis voyant que je n’étais pas en mesure de répondre, il m’aida un peu.

-Pourriez-vous me donnez le siècle, à défaut de la date exacte ?

Monsieur Bertinou, qui en avait fini avec ses ongles, s’attaquait à présent au capuchon d’un stylo.

-Il me semble, commençais-je, que c’était au IIème siècle avant la Grande Guerre.

Robin des bois ne broncha pas, et nota quelque chose sur une fiche.

-Vous êtes prétendant à une école de Magie. Que pouvez-vous me dire sur ces pratiques ?

Je reportais mon attention sur l’elfe, qui venait de formuler cette deuxième question. Je soufflais. J’avais revu cela la vieille, c’étais encore frais dans ma mémoire.

-Et bien, la magie, contrairement à ce que croient les profanes, consiste à transformer l’état ou les propriétés physiques de la matière en lui inculquant une dose plus ou moins élevée d’énergie émanant de notre propre corps. On ne peut à proprement parler créer aucun objet à partir du vide. Le premier postulat de Merlin explique cela de manière formelle : « rien se créer, rien ne se perds, tout se transforme. » Le niveau d’un mage réside donc dans sa capacité à minimiser les dépenses en énergie afin de parvenir au résultat escompté en se fatiguant le moins possible. Si par malheur il n’utilisait plus d’énergie que son corps ne pourrait le supporter, les conséquences pourrait être terribles, et, dans le cas extrême, pourraient conduire à la mort.

L’elfe me sourit.

-Et bien ! Voila une réponse pour le moins complète ! Je vous remercie jeune homme.

L’entretient se poursuivit ainsi pendant une dizaine de minutes. Aux questions qui se succédaient, mes réponses étaient plus ou moins précises, à supposer que j’en connaissais la réponse. Tout ce passait mieux que je ne l’aurais espéré.

-Voila qui conclu la partie théorique de l’examen, annonça Dame Moona. A présent, place à la partie la plus intéressante, à savoir l’examen pratique. Laissez-moi vous expliquer : Nous allons vous mettre face à diverses situations, et voir comment vous réagissez. Nous noterons à la fois la pertinence de vos sorts et leurs efficacités. Bien évidement, n’ayant pas encore reçus un enseignement poussé de la magie, nous nous limiterons ici à la magie de base. Vous verrez, rien de bien exceptionnel, à supposer que vous ayez quelques connaissances.

C’était facile à dire, mais pour quelqu’un comme moi qui avais constamment échoué dans la matière, le calvaire ne faisait que commencer. L’elfe aperçu mes craintes et me lança un nouveau sourire rassurant.

-Allez, commençons !

Dames Moona fit un signe de la main, et une silhouette fantomatique apparue, étendue sur le sol de la salle d’examen. Elle semblait mal en point, un flèche étant plantée profondément dans son épaule, elle perdait énormément de sang. C’était donc la première épreuve : je devais montrer mes capacités à soigner une personne.

-Agissez avec comme s’il s’agissait d’une vrai personne. Vos sorts l’affecteront de manière similaire, bien qu’elle ne soit pas réelle. J’ai juste agit sur les molécules d’eau nous entourant afin de les agencer de manière à ce que la lumière se réfracte d’une certaine façon dans chacune d’elles et donne cette illusion d’optique d’une personne blessée.

« Rien que ça », pensais-je incrédule avant de me concentrer de nouveau sur mon fardeau.
« Bien, Kamélio, ce n’est pas le moment de flancher ! Montre leur que tu en es capable ! » J’essayais de me remémorer ce que l’on avait appris sur les soins en classe de magie. Tout d’abord, il était nécessaire de prendre connaissance de la gravité de la blessure, et voir si la personne ne présentait aucunes autres séquelles physiques.
Je fis donc prudemment le tour de la silhouette, et analysa scrupuleusement l’étendue des dégâts. Grand bien m’en pris, puisque je vis qu’outre la flèche dans son épaule, un morceau de verre étonnamment pointu appuyait sur son cou, sans pour autant n’avoir pénétré la chaire. Du moins pour le moment. Si je n’avais pas aperçu cela, et m’étais précipité sur la flèche, qui peut dire ce qu’il ce serait passé, lorsque sous le coup de la douleur, la personne se serait trémoussée dans tous les sens, risquant ainsi de se planter profondément le morceau de verre dans la nuque ?
Dame Moona sembla apprécier, puisqu’elle salua mon attitude d’un geste de la tête.
Je commençais donc par retirer délicatement le morceau de verre sous le regard perçant des membres du jury, avant de reporter mon attention sur la flèche. Il fallait que je la retire de son épaule, cela ne faisait aucun doute. Mais suite à cela, le sang allait gicler et s’écouler plus vite que jamais. Il me faudrait donc agir rapidement. J’attrapais donc l’extrémité de la flèche, et, d’un geste sec, l’arracha de l’épaule du pauvre homme.
Celui-ci hurla silencieusement, et se mit à convulser, pris d’une soudaine crise de spasmes. Le sang coulait à flot de son épaule meurtrie, et il ne fallait pas laisser place au doute. Je le maintins donc fermement d’une main, puis énonça à voix haute la formule permettant de souder les chaires tout en dirigeant la paume de ma main inoccupée en direction de la plaie béante :

-Cicatrisation ! Hurlais-je d’une voix nerveuse et inutilement trop puissante, convaincu que cela donnerait plus d’efficacité à mon incantation.

La blessure de l’homme se referma quelque peu, freinant ainsi le flux de son saignement, mais ne l’arrêtant pas entièrement.

-Nous vous remercions Monsieur Kirhel’ham.

Elle fit un nouveau mouvement de la main, et la silhouette disparue aussitôt.

-A présent, nous allons apprécier vos aptitudes de défense. Tout comme auparavant, nous allons faire apparaitre un ennemi factice, sauf que celui la sera nettement moins inoffensif que le précédent. Bien évidemment, il lui est impossible de vous blesser, tout du moins de manière directe. Nous aviserons lors de ce combat pour vous handicaper l’un ou l’autre en fonction de la nature et de la puissance des attaques portées et reçues. Lorsque nous estimerons une attaque suffisamment puissante pour mettre hors d’état de nuire votre adversaire, nous stopperons le combat. A l’inverse, si votre adversaire se montre plus convaincant et vous porte une attaque que vous ne parviendriez pas à stopper, vous seriez alors déclaré perdant. Cela est-il clair ?

-Oui madame.

Tous se redressèrent sur leurs dossiers, apparemment impatients de voir la suite des évènements.

-Bien. Alors commençons sans plus tarder…
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Chapitre 5 : L’héritage des Kirhel’Ham




L’atmosphère c’était fait un peu plus pressante, à supposer que cela fut possible. Je regardais un à un les membres du jury, dont l’apparence détendue quelque secondes auparavant s’était muée avec la gravitée de la situation. En voyant cet étrange spectacle, je songeais que le visage de l’homme était décidément fascinant, reflétant les humeurs avec une implacable précision.

Dame Moona fit un nouveau geste de la main, mouvement plein de grâce et fort de l’expérience que la doyenne avait su acquérir au fil des âges, faisant apparaître une nouvelle silhouette fantomatique, semblant nettement moins docile que la précédente.

Il ressemblait à un chevalier, dans son armure pâle, son expression laissant deviner une haine farouche, et la difficulté du combat à venir. Il tira son épée de son fourreau, et commença à la faire tournoyer en l’air avec habileté, tout en s’avançant lentement dans ma direction.

Je n’ai aucune honte à l’avouer, j’étais totalement terrifié, figé à l’idée de me battre, et surtout à celle d’échouer. Je reculais, et, dans ma précipitation, trébuchais au sol. Le chevalier en profita pour se jeter sur moi, épée en avant, pour m’asséner un premier coup que je réussi maladroitement à esquiver en roulant sur moi même. Mon ennemi ne me laissa aucun répit et chargea de nouveau, fendant l’air de sa lame que je devinais aiguisée. Je vis cette fois l’épée terminer sa course dans mon bras gauche. La lame le traversa tandis que je fermais les yeux, prêt à endurer une terrible douleur, qui ne vint pas. Dame Moona m’avais pourtant prévenue : l’homme qui se battait contre moi n’était pas tangible, et en conséquent, je ne risquais rien. Je vis du coin de l’œil la directrice de l’école de Magie remuer les lèvres, et aussitôt mon bras gauche s’engourdit, devenant de ce fait totalement inutilisable. C’était donc cela, les handicaps dont elle m’avait parlé juste avant.

L’épée se retira de mon bras, et le chevalier se mit à tourner autour de moi, tel un tigre qui étudie la situation, prêt à bondir sur sa proie à tout moment. Je restais au sol, dans une posture tout à fait ridicule, complètement tétanisé. Soudain, sans autre cérémonie, son épée jaillit dans ma direction, cette fois-ci au niveau de mon visage. Si le coup m’atteignait, le combat serait fini. Je reculais la tête à la hâte, mais pas assez rapidement : Le bout de la lame s’enfonça dans mon œil droit, alors que je le fermais au même moment par réflexe. Dame Moona prononça de nouveaux mots, et la vision de mon œil droit se flouta, jusqu’à ce que je ne perçoive plus rien du tout.

Le combat était ridiculement déséquilibré. J’avais déjà un bras et un œil hors d’état, et n’avais pour le moment pas réussi à porter la moindre petite attaque contre le chevalier.

-Attention, Monsieur Kirhel’Ham, me prévint Dame Moona. Si la dernière attaque de votre adversaire avait pénétrée plus profondément dans votre tête, vous n’auriez pas perdu que l’œil droit, mais également le combat !

« Ressaisis toi » pensais-je.

Rien à faire, l’issu du combat ne faisait aucun doute, il était perdu d’avance.

« Allons, allons Kamélio… Est-ce donc la tout ce dont tu es capable ? Tu me déçois au plus haut point » murmura une petite voix dans ma tête.

« Si tu n’es pas capable de te battre, laisse moi donc faire, j’en aurais vite terminé. » continua-t-elle.

Je regardais autour de moi d’un air incrédule cherchant l’origine de la voix, persuadé qu’il s’agissait d’une mauvaise blague. Mais personne à part moi ne semblait l’avoir entendue : le chevalier continuait à tourner autour de moi d’un air menaçant, Dame Moona et les deux professeurs me dévisageaient d’un air grave et Monsieur Bertinou mâchonnait son bouchon de stylo avec plus de vigueur que jamais.

Un ricanement résonna avec force dans ma tête.

« Et en plus d’être nul en combat, il est complètement idiot », ironisa la voix.

-Qui es-tu ? Demandais-je à voix haute, ne sachant trop comment m’adresser à elle.

Dame Moona haussa un sourcil tandis que Monsieur Bertinou manqua de s’étrangler.

-Je vous demande pardon ? S’enquit la doyenne.

Conscient du ridicule de la situation, je ne répondis pas, faignant de me parler à moi-même pour m’encourager.

« Tu sais, repris la voix, tu n’es pas obligé de parler pour que je t’entende. Penses, et cela sera suffisant. Car après tout, nous ne faisons qu’un… »

« Qui es tu ? », repris-je sans prêté attention aux moqueries de mon interlocuteur.

« Tssss tu as le chic pour poser des questions ennuyeuses à mourir ! Je suis Moi. Je suis Toi. Qu’importe qui je suis ? Tu n’as qu’à m’appeler comme bon te sembles ! »

« Heu…pensais-je, pris de court par cette remarque. Machin ? »

« Machin… répéta la voix dans ma tête avec une certaine lassitude. Quelle originalité ! Bon en même temps je savais à quoi m’en tenir avec toi. Faut dire que niveau intellectuel, tu n’as pas étais gâté par la nature dirais-t-on… Bref, va pour Machin, de toute façon je ne suis pas du genre à chipoter pour un nom. »

« Alors pourquoi me fait-il la remarque si il s’en fiche ?» Pensais-je incrédule.

« Hé petit malin ! N’oubli que j’entends ce que tu penses ! Bon alors, tu vas te décider oui ou non ? »

« Ah quoi faire ? » demandais-je, comprenant de moins en moins la situation pour le moins fantasque qui se déroulait dans ma tête.

Je devinais un soupir de la part de Machin.

« Me donnes-tu l’autorisation de mettre la rouste au fantôme en armure ? »

Après tout, au point ou j’en étais, je n’avais absolument rien à perdre.

« Oui, je t’autorise », annonçais-je, regrettant déjà mes propos, ne sachant ce qui allait se passer maintenant, à supposer qu’il allait se passer quelque chose. Une folie passagère engendrée par le stress me semblait être la meilleure explication aux absurdes évènements qui se passaient en moi.

« A la bonne heure », exulta Machin.

Peu à peu, je sentis que le contrôle de mon corps échappait à ma volonté. Je me levais, animé de la même force qui m’avait envahit lors de mon altercation avec Tommy. Sans pouvoir l’expliquer, je savais que le combat était déjà gagné.

-Bien, passons aux choses sérieuses, m’entendis-je dire.

-Il serait temps, en effet, rétorqua Dame Moona.

Le chevalier se rua sur moi, me défiant de son imposante carrure, dans ce qui ressemblait fort à un assaut final. L’issue du combat se déciderait maintenant. Je le vis s’approcher de plus en plus prêt, l’épée en avant, tandis que mon corps ne bougeait pas d’une once. Je vis ma main droite se lever dans sa direction, puis, alors qu’il arrivait sur moi, sans qu’aucun mot ne franchisse mes lèvres, un bouclier m’enveloppa, me protégeant sur tous les flancs. Le chevalier vint se fracasser contre dans un boucan épouvantable.
La seconde suivante, une épée s’était matérialisée dans ma main, scintillant de milles feu et de vives couleurs pourpres. Je m’avançai en direction du chevalier qui était à terre, leva mon épée au dessus de sa tête, puis l’abattît d’un geste vif sur son crane, un sourire sadique sur les lèvres.

La silhouette disparue, et s’ensuivit un lourd silence dans la salle d’examen. Tous me dévisageaient d’un air médusé. Monsieur Bertinou, la bouche entrouverte et les yeux écarquillés, avait laissé tomber son bouchon de stylo et se donnait de petites claques comme pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. L’elfe et Robin des Bois échangèrent un regard interrogateur, alors que seule Dame Moona gardait un air impassible, camouflée derrière ses larges lunettes. Dans la partie réservée aux examens de l’Ecole de Chevalerie, même les membres du jury et l’élève examiné s’étaient arrêtés dans leurs besognes pour jeter un regard stupéfait dans ma direction. J’étais le centre d’intérêt de tout ce joli petit monde, et quelque chose semblait m’échapper.

Soudain, je sentis mes forces m’abandonner, et mes jambes commencèrent à fléchir sous mon poids. Robin des Bois fut le premier à le remarquer, et il se pressa de m’apporter une chaise.

-Asseyez-vous, ordonna-t-il sèchement, le visage grave.

Je ne me fis pas prier, et m’avachis littéralement sur la chaise. Leurs regards inquisiteurs se firent de plus en plus pressant, et j’avais hâte que l’épreuve se termine. Ne pouvaient-ils pas tout simplement rendre leur verdict ? Dame Moona se racla la gorge avant de prendre la parole.

-Monsieur Kirhel’Ham, avez-vous conscience de se qui viens de se produire à l’instant ?

-Oui, répondis-je à bout de souffle. Je viens de remporter mon combat, non ?

L’elfe eu un rire jaune.

-Vous avez remporté votre combat ? répéta-t-il en prenant un air choqué. Vous voulez dire que vous n’avez vraiment aucune idée du genre de magie dont vous venez de faire usage ? Il s’agit la d’une magie que peu de personnes sont capables d’utiliser de part sa complexité, et je doute qu’on vous l’ait enseignée dans cette école. Vous avez réussi à utiliser un enchantement de protection avancé à en faire pâlir le plus expérimenté des mages de l’Académie, et, suite à cela, matérialisé de toute pièce une épée dont j’ignore encore tout sur son origine ou ses pouvoirs. C’est insensé ! Impossible !

Il se prit la tête entre les mains.

Dame Moona reprit la parole.

-Voyez-vous, Monsieur Kirhel’Ham, ce que mon collègue veut dire par là, c’est qu’un tel pouvoir ne peut passer inaperçu aussi longtemps. Et à en juger par votre réaction, vous semblez tout aussi abasourdit que nous. Pourriez-vous nous aider à comprendre ?

Elle m’adressa un petit sourire. Que pouvais-je lui répondre ? Une petite voix s’est subitement mise à me parler dans ma tête, me demandant de lui laisser le contrôle de mon corps, et répondant au ridicule nom de Machin, qui, soit dit en passant, à était judicieusement choisit par mes soins. Bizarrement, je me passerais volontiers de ces explications.

-Je n’en sais rien, je suis aussi surpris que vous, me contentais-je de répondre.

Elle ne sembla pas me croire, mais n’insista pas.

-En tout cas, à en juger par l’état de fatigue dans lequel vous vous trouvez, vous êtes loin de maitriser ce pouvoir. Vous avez tout à apprendre, Monsieur Kirhel’Ham. Si ce combat avait duré plus longtemps, vous seriez certainement dans une situation bien plus grave à l’heure ou je vous parle. C’est pourquoi, aussi bien pour votre sécurité que pour celle de votre entourage, nous allons vous apprendre à vous maitriser et à utiliser cette puissance de manière sage et avisée, et ce dès la rentrée prochaine.

Je poussais un ouf de soulagement. Certes, la manière était quelque peu détournée, mais Dame Moona venait clairement de m’indiquer que j’étais accepté au sein de son établissement. J’allais rejoindre l’Académie de Magie, et y retrouver Stella.

-En attendant, Monsieur Kirhel’Ham, je vous souhaite une bonne fin de journée, conclu-t-elle brusquement en m’indiquant la porte d’un geste du menton.

Je saluais poliment les membres du jury, qui continuaient de me jauger du regard, et me dirigea vers la sortie, alors que la voix de Monsieur Bertinou s’élevait par dessus mon épaule.

-J’ai toujours su que ce gamin avait un fort potentiel… J’ai un don pour ressentir ce genre de choses, vous savez…
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Chapitre 6: Complot




L’homme se déplaçait dans le village endormi, choisissant avec soin les ruelles où il avait le moins de chance de se faire repérer. Il sursauta lorsqu’une chouette poussa un hululement à quelque pas de lui, et fit une pause pour regarder s’éloigner le rapace, qui semblait tenir une proie dans ses griffes acérées. Une fois l’oiseau partit, il s’épongea le front et se remis en route, les sens aux aguets, prêt à réagir au moindre bruit ou mouvement suspect. Il savait combien il était primordial pour le succès de sa mission qu’il ne se fasse pas repérer.

C’était la première fois qu’il mettait les pieds à Nautilus, mais comme il le faisait constamment avant chaque début de mission, il avait pris soin d’apprendre par cœur la disposition de la ville.
« Voyons voir, pensa-t-il. En face de moi se trouve une épicerie, et au coin de cette rue, une immense villa… Je dois donc prendre la prochaine à droite. »
Il se hâta dans cette direction et leva les yeux vers la petite pancarte poussiéreuse qui indiquait « Impasse du Pasteur ». C’était bien là que devait avoir lieu le rendez-vous.

L’endroit avait été soigneusement choisit : aucune lumières, et de hautes maisons bordant la route, ce qui avait pour conséquence de plonger les lieux dans l’obscurité la plus totale. L’homme se mit à compter les maisons et s’arrêta en face de la cinquième, qui était en ruine et semblait sur le point de s’effondrer à tout moment. Elle paraissait abandonnée depuis un long moment déjà, et une forte odeur de moisissures emplissait l’air alors qu’il s’en approchait. D’instinct, l’homme observa les alentours à la recherche d’un exutoire, au cas où les choses tourneraient mal, et étudia méticuleusement les diverses options qui s’offraient à lui.

Le bruit d’une allumette vint troubler le silence de a nuit. L’homme fit volte face tout en dégainant machinalement le couteau de combat qu’il portait à la ceinture. Une flamme perça un court instant les ténèbres qui les entouraient, et il distingua furtivement le visage de son propriétaire. Puis elle s’éteignit, laissant place au rougeoiement d’une cigarette qui se consumait à mesure que la silhouette aspirait une grande bouffée de fumée.
L’homme s’en approcha, à la fois surpris et vexé de ne pas avoir remarqué sa présence plus tôt. Elle était assise, contre un muret entourant la demeure en ruine, parfaitement invisible dans l’ombre de celui-ci. Elle se leva, et il fut alors surpris de découvrir une femme d’une trentaine d’années, au visage sévère et aux cheveux d’une longueur telle qu’ils lui couraient jusqu’au chevilles. Ses yeux étaient d’un bleu intense, tels deux joyaux qui semblaient à eux seuls capables de fendre l’obscurité. Elle portait une cape de voyage noire qui lui tombait jusqu’aux genoux, et une paire de gants en cuir. Une puissante odeur, mélange de tabac et d’un parfum bon marché émanait de sa personne. Ils restèrent à se dévisager un court instant. Puis la femme prit la parole :

- « Vous devez être celui que l’on surnomme Dingo », demanda-t-elle en recrachant une volute de fumée au visage de son interlocuteur.

L’homme rengaina son couteau et répondit d’un hochement de tête.

- « Et à qui ais-je l’honneur ? demanda Dingo à la femme qui s’était rassise sur le muret.

- « Vous vous doutez bien que je ne vais pas répondre à une telle question, répliqua t’elle d’un ton cassant.

Dingo n’était pas rassuré. Il ne pouvait s’empêcher de jeter des regards inquiets dans tous les sens, à l’affut d’une éventuelle menace.

Je croyais, reprit la femme, qu’en faisant appelle à l’Ordre Turgal, je m’octroyais les services de vrais professionnels. Vous comprendrez et excuserez mon scepticisme, mais cela fait un bon moment que je suis en ces lieux, et vous n’avez même pas était capable de détecter ma présence.

Elle laissa échapper un rire mesquin, et Dingo se figea, éprit d’une terrible empathie à son égard. Il était réputé au sein de l’Ordre pour être l’un des meilleurs espions que comptaient ses rangs. Lorsqu’il était question de discrétion ou de débusquer un quelconque ennemi, personne ne lui arrivait à la cheville, et c’était là sa grande fierté. Et voila qu’une femme qu’il ne connaissait même pas était parvenue à déjouer ses talents, et pire encore, prenait malin plaisir à le lui faire remarquer.

Si vous ne souhaitez pas vous présenter, j’espère au moins que vous me ferez l’honneur de me donner mes ordres de missions, je n’aime pas que l’on me fasse perdre mon temps inutilement, reprit l’homme, la mine renfrognée.

La femme lui lança un regard noir.

Bien évidement que je vais vous donner vos instructions. Qu’est ce que vous croyez ? Que je vous ai fait venir ici pour danser les claquettes ? Remarquez, peut être que ça au moins, vous sauriez faire…

Madame, commença-t-il en prenant sur lui avec une infinie patience. Vous n’êtes pas sans savoir que l’Ordre n’a pas pour habitude de jouer les hommes de main. Si nous avons acceptés de nous acquitter de la tache, c’est uniquement pour la récompense que vous nous avez promis en échange. Maintenant, si vous ne me pensez pas à la hauteur, et bien il ne me reste plus qu’à vous quitter en l’instant.

Il fit mine de fuir les lieux, sachant pertinemment que la tactique s’avèrerait payante.

Attendez ! L’arrêta-t-elle. Un sourire se dessina sur son visage.

Il est vrai que je ne vous trouve guère vaillant mon cher Dingo. Mais il s’avère que je n’ai guère le choix. Je me contenterais donc de vos prestations, aussi maigres soient-elles ! Entendez bien, il s’agit plus d’un choix par nécessité que par complaisance !

-Je l’entends parfaitement. Je dois également vous mettre en garde. Plus par précautions qu’autre chose. Mais je suis chargé de vous dire de la part de mes maîtres, que si d’une manière ou d’une autre vous nous dupiez ou ne teniez pas vos engagements, vous le regretteriez amèrement. Autres s’y sont déjà risqués, je vous laisse deviner le sort que nous leurs avons réservés.

-Bien ! Si vous n’avez rien d’autre que je ne sache déjà à m’apprendre, peut être pourrions nous faire avancer cette conversation de manière plus constructive, et aller directement au but de notre rencontre.

Sur ce point la, ce n’est pas moi qui vais vous contredire. »

La femme écrasa sa cigarette contre le muret, laissant une petite trainée de cendre à peine perceptible. Puis, lentement, elle se releva, un sourire carnassier en travers de la bouche, et se porta à hauteur du visage de Dingo. Ce dernier, impassible, la regarda s’approcher de lui sans ciller. Son visage passa tout prêt du sien, jusqu’à ses que ces lèvres effleurent son oreille droite. Puis, dans un mouvement de grâce, semblant durée une éternité, ses lèvres pulpeuses s’entrouvrirent, laissant ses mots se répercuter avec force à ses tympans, qui vibrèrent sous l’excitation.

-Je veux que vous mettiez fin aux jours de la doyenne de l’Académie de Magie. Votre mission est d’éliminez Dame Moona.



Ainsi s'achève la Première partie des Mémoires du Mal: L'enfance. La suite des péripéties de notre jeune Kamélio est à suivre dans le second volet: L'apprentit
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DEUXIÈME PARTIE : L'APPRENTIT




Chapitre 7 : Arrivée à l’Académie


Aucun été ne me parut plus long que celui qui me séparait de la rentrée des classes et de mon intégration à l’académie de magie. Pour la première fois de ma vie, j’avais hâte de retourner étudier et d’en apprendre plus sur mes dons exceptionnels.
Autre source de curiosité, le mystérieux « Machin » qui m’avait permis de passer avec brio les examens finaux, et qui dès lors n’avait plus donné signe de vie. Même si ces sarcasmes déplaisants ne me manquaient guère, je me devais de reconnaître qu’il n’était pas étranger à mon succès, et, en outre, j’avais envie de le remercier et d’en apprendre plus sur lui.
Je passais le plus clair de mes journées de vacances enfermé chez moi, fuyant la chaleur caniculaire qui s’était abattue sur la région. Chaque jour, j’ajoutais une croix rouge sur le calendrier de fortune que je m’étais confectionné, observant avec une certaine impuissance le cynisme du temps qui semblait prendre un plaisir fou à ralentir alors que l’échéance approchait de son terme. Pour ne pas sombrer totalement dans la folie, je relisais de vieux romans narrant quelques joutes épiques et combats magiques, rêvant un jour de faire comme ses personnages que j’admirais tant depuis tout gamin.
Puis, inéluctablement, le jour tant attendu arriva. Ce fut avec une certaine nervosité que je descendis les marches menant au hall d’entrée, bagages dans les mains, sous le regard inquisiteur de mon demi-frère. Une lettre parvenue quelque jours auparavant m’avais prévenue que l’on viendrait chez moi ce jour-ci peu avant midi.
Il était tout juste dix heures, et déjà je m’attelais à faire les cent pas sur l’allée pavée bordant notre maison, et qui donnait sur la rue principale. Le soleil, alors à son zénith, agressait ma peau de ses rayons brulant, m’obligeant à me trouver un coin d’ombre sous un arbre non loin de là. Cherchant une victime sur qui passer ma nervosité, je me saisis de quelques feuilles à mes pieds, et entrepris des les couper méticuleusement en petit morceaux. J’avais ainsi mis à mal assez de feuilles pour me mettre à dos toutes les organisations environnementales du pays, lorsque le sol se mit à trembler. Perplexes, je levais les yeux dans la direction d’où semblait provenir le raffut. Le grondement gagna encore en intensité, et, soudain, au bout de la rue apparurent une trentaine de chevaux attelés à ce qui ressemblait fort à une immense diligence en bois. L’imposant convoi stoppa net sa course à quelques mètres de l’arbre, sous mon regard médusé. Une petite porte s’ouvrit, et un majordome passa la tête dans son encadrement.

-Kamélio Kirhel’Ham ? demanda t’il d’une petite voix nasillarde.

J’acquiesçais silencieusement, toujours sous le choc, et jetais un regard autour de moi. Aux fenêtres des maisons alentours, grand nombre de badauds s’étaient massés, arborant tantôt un regard curieux, tantôt un air impressionné face au spectacle pour le moins inhabituel qui s’offrait à leurs yeux.

-Hum hum… Non pas que l’endroit soit pour me déplaire, mais si vous vouliez bien vous donner la peine de me suivre, peut être pourrions nous arriver à l’Académie avant la fin de l’année scolaire ?

Son ton était à la fois hautain et désagréable, et j’eu une furieuse envie de l’envoyer balader. Je me retins néanmoins : se faire remarquer avant même d’être arrivé à l’Académie, ce n’était pas forcément la meilleure des choses à faire. Je me contentais donc de gravir les deux marches en bois, et pénétrais dans la diligence.

-Si vous voulez bien me suivre…

Le majordome avança au cœur de la bâtisse, et je m’empressais de le suivre. L’intérieur était assez sobre : entièrement fabriqués en bois, les lieux comprenaient une dizaine de cabines se faisant face, et séparées par une allée centrale le long de laquelle nous progressions mon nouvel ami et moi. A l’intérieur de chaque compartiment, j’aperçus quelques élèves silencieux, se jaugeant du regard, semblant se demander ce qu’ils faisaient là. Le majordome s’arrêta face aux deux cabines du fond, et fit coulisser la porte de celle se situant à droite. La petite quinzaine d’élèves assis sur des banquettes en cuirs leva simultanément les yeux vers nous. Je les connaissais tous. Ils étaient tous dans la même classe, dans la même école que moi l’année passée. C’était donc ça : chaque cabine était destinée à accueillir des pensionnaires issus d’un même village. Je les saluais poliment, en retour à leurs expressions surprises de me voir parmi eux, et m’installa à côté d’un de mes camarades. La porte claqua sèchement, en faisant sursauter plus d’un.

-Espèce de vieux bouc ! commenta une jeune fille répondant au nom de Lily. Ce serait trop lui demander de faire preuve d’un peu plus de tact ? Tonna-t-elle en direction du majordome dont le bruit des pas s’éloignait à mesure qu’il remontait l’allée en sens inverse.

Quelque part au dehors, un fouet claqua, provoquant le hennissement des chevaux. Ils se mirent en mouvement, tirant de toute leur force sur leurs harnais, ne semblant pas capables de battre l’inertie de la lourde bâtisse. Puis, finalement, les roues grincèrent, et se mirent à pivoter lentement sur elles mêmes. Quelques secondes plus tard, la diligence atteignait son rythme de croisière dans un boucan insupportable. Nous rejoignîmes la rue principale, et l’allée pavée bordant ma maison redevint silencieuse. Seuls indices de ce curieux évènement, les petits tas nauséabonds et encore fumants laissés en guise de présent par quelque chevaux peu coutumiers des bonnes manières.
Parmi mes camarades de route, les réactions n’étaient pas toutes identiques face au bruit qui martyrisait nos tympans. Certains restaient tout bonnement impassibles, tandis que d’autres, appuyaient avec vigueur leurs mains sur leurs oreilles, afin d’atténué au mieux le son et de le rendre presque supportable. A ma gauche, Kerit m’interpella :

- Q…e….s…ai…..à.. ?

-Pardon ? Demandais-je en hurlant pour tenter de couvrir le vacarme.

Il haussa les épaules, et me fit comprendre que nous reprendrions cette conversation plus tard.
Deux minutes plus tard, le convoi s’arrêta à nouveau.

- Qu’est ce que tu fais là ? en profita Kerit.

Je lui souris.

- Je me pose encore la question, me contentais-je de lui répondre, ne souhaitant pas entrer dans les détails.

Ma réponse le laissa indifférent, et il reporta toute son attention et son énergie à enrouler inlassablement ses mèches bouclées autour de son index.
Après quelques haltes supplémentaires, je me rendis compte que nous avions quitté le village et progressions à présent à vive allure sur la route au Nord, menant en direction des Plaines Sans Vie. Je ne m’étais jamais vraiment éloigné du village, et le spectacle qui s’offrit à mes yeux me fit comprendre la dénomination de l’endroit. En effet, plus nous avancions sur la route, plus le paysage verdoyant bordant le village s’estompait, pour au final aboutir sur d’immenses étendues de sables. Partout où mon regard se posait, je ne voyais rien d’autre que la désolation, et par moment les ruines d’une civilisation qui semblait appartenir à un passé enterré sous les masses de poussière.
Soudain, au milieu de ce tableau chaotique, elles apparurent. Cinq immenses tours, nous toisant de leur superbe, disposées en forme de pentagone, au milieu desquelles se dressait le plus grand château qu’il m’eut était donné de voir. La distance faussant tout jugement, je dû attendre que nous ne soyons qu’à quelques centaines de mètres pour me rendre compte de leurs véritables proportions. C’était tout bonnement inimaginable. Les tours s’élevaient si haut dans le ciel, que l’on ne pouvait en voir le sommet, défiant littéralement toutes les lois de la physique. Je me demandais combien d’années de travaux avaient été nécessaires à leur réalisation. Mais le château qu’elles côtoyaient n’avait rien à leurs envier. Aussi large qu’un village, on aurait pu croire que toutes les pierres, toutes les montagnes du monde n’auraient pas suffit pour ériger ce colosse. Les façades s’agrémentaient de rares fenêtres, et d’immenses portes en fer avaient été solidement encastré dans les murs, de chaque côté du château. Pour finir, une passerelle en pierre reliait chaque tour au château tous les dix étages, donnant au final l’impression de former un ensemble unique. « Aurait-on assez de toute une vie pour en connaître les moindres recoins ? » pensais-je en levant si haut les yeux que ma nuque en protesta de douleur.
Les portes de fer s’ouvrirent en silence, et un impressionnant cortège formé de professeurs et d’élèves sortirent à notre rencontre. En tête de file, je reconnus Dame Moona, l’air toujours aussi sévère et imperturbable. Parmi les nouveaux élèves, tous essayaient de se faire le plus discret possible, tentant de se glisser habilement derrière son voisin, histoire d’éviter d’être en première ligne. Dame Moona leva les mains au dessus de sa tête, et nous intima au silence. Le brouhaha cessa, et la doyenne commença son discours.

- Bienvenue à toutes et à tous à l’Académie de Magie, commença-t-elle, sa puissante voix se répercutant en échos sur les murs du château.

- Une nouvelle année scolaire commence, et comme toujours, certains nous quittent la tête pleine de savoirs et d’expériences inoubliables, alors que d’autres commencent tout juste leur cycle parmi nous. Ce disant, elle inclina la tête dans notre direction.

- Mais trêve de bavardages ! Vous êtes sans doute impatients de savoir comment va se dérouler votre année scolaire.

Elle tourna son regard vers l’une des tours.

- Vous n’êtes pas sans savoir que vos études se dérouleront en cinq années de labeur. Et comme vous êtes tous, à n’en pas douter, de fins observateurs, vous n’aurez pas manqué de remarquer qu’il y a également cinq tours. Coïncidence ? Certainement pas…

Quelques rires fusèrent.

- Chaque tour accueille des élèves d’un même niveau d’étude. Pour faire court, cela signifie que pendant cinq ans, vous apprendrez, mangerez et vivrez avec les mêmes personnes, dans la même tour. En ce qui concerne le château… –elle marqua une pose, histoire de ménager le suspens et de capter d’autant plus l’attention des élèves-… il est le siège de la guilde des mages. Tous les mages du pays y transitent, lorsqu’ils ne sont pas en missions. Ils vivent là, avec leur famille, dans des logements de fonctions. Aux sous-sols, vous trouverez aussi la prison dans laquelle sont envoyés tous les criminels des alentours, et dont nous sommes les garants.

Elle marqua une pose pour reprendre son souffle.

- Aujourd’hui, exceptionnellement, tout le monde mangera ensemble dans la salle de réception du château. Profitez en pour faire connaissance avec vos ainés, et posez leurs des questions. Demain matin aura lieu la cérémonie d’intronisation et la répartition des équipes. J’aurais bien fais durer ce discours quelques temps encore, mais il se trouve que je commence à avoir faim. Donc si quelqu’un à des questions à poser, c’est le moment.

Un élève leva timidement la main.

-J’espère que c’est important, parce que la on prend du retard sur le déjeuner. Et quand j’ai faim, j’ai tendance à devenir exécrable…

-Euh… pour ce qui est des vacances…

Des rires montèrent dans la foule entourant Dame Moona.

- Des vacances ? Les vacances, c’est pour les gamins. Tu n’es plus un gamin ?

-Euh… non ?

-Bon bah voila. Pas de vacances. Et maintenant, tous à table !

La foule se mua joyeusement à l’intérieur du château, suivie timidement par les nouveaux, autant impressionnés par la grandeur des lieux que par les évènements qui se succédaient à vitesse folle. Ce midi, nous mangeâmes tous dans une somptueuse salle où des tables avaient été dressées en circonstance, croulant sous les assiettes et les mets raffinés. Les élèves s’étaient mélangés, et les discussions allaient bon cœur, sous le regard bienveillant de Dame Moona et du corps professoral.
Peu de temps auparavant, je m’étais installé au hasard à une table, lorsqu’une main m’avait saisie l’épaule. Je m’étais alors retourné, et étais tombé nez à nez avec une Stella Stakovic tout sourire. A présent, elle était assise face à moi, aussi belle que dans mes souvenirs.

-Je suis contente que tu es réussi Kamélio, sincèrement !

- Et moi donc ! En plus c’était vraiment pas gagné ! Heureusement que j’ai eu l’aide de …euh… certains concours de circonstances favorables.

Elle haussa un sourcil.

- Que veux-tu dire ?

J’hésitais un moment, puis finalement décidais de tout lui révéler. Après tout, c’était ma seule confidente pour le moment, et partager mes tracas avec une oreille attentive me semblait être bonne chose. Je lui racontais comment s’était déroulé mon examen, l’intervention de Machin, et la stupeur du jury. Elle m’écouta avec attention, prenant soin de ne pas m'interrompre, bien que ce ne fût pas l'envie qui lui manqua.

- Tout cela est étrange, en effet, m’annonça-t-elle après un court moment de réflexion. Je dirais même inquiétant ! S’il a été capable de prendre possession de ton corps une fois, qui sait s’il ne peut recommencer à tout moment, sans prévenir ?

Elle marqua une pause, me jetant un regard soucieux, comme pour essayer de deviner si elle avait bien en face d’elle le vrai Kamélio.

- Mais s’il y a bien une chose dont je suis certaine, c’est que tu es au bon endroit pour trouver des réponses à tes questions.

Le repas touchait à sa fin, les élèves commençaient à se lever en se tenant le ventre. J’en profitais pour poser une dernière question à Stella.

-Au fait, en quoi consiste la cérémonie d’intronisation ?

Elle me lança un sourire malin.

- Ah ça, je ne voudrais pas te gâcher le plaisir ! Tu verras demain matin.

Nous passâmes le restant de la journée à visiter les immenses salles de notre tour. Sur les étages du bas, nous pûmes constater que se regroupaient l’intégralité des salles de cours, ainsi que d’imposants terrains réservées à la partie pratique. Les étages du milieu étaient réservés aux installations de vie : Salle à mangé, Salle de bain, bibliothèques, Salles de jeux, infirmerie… bref, tout ce dont un étudiant pouvait avoir besoin. Les étages du haut, quant à eux, étaient entièrement réservés aux chambres à coucher. Enfin, aux étages directement sous les toits, logeaient les serviteurs en charge de notre confort quotidien.

-Si vous avez quelque chose à demander, ou si vous ne vous sentez pas bien, n’hésitez pas à aller les déranger, ils sont là pour ça… nous avez t’on expliqué.

Le soir arriva vite, et après un nouveau repas copieux, je me dirigeais vers ma chambre, une petite pièce contenant un lit, un bureau, et une armoire. Je me laissais choir sur le lit, les yeux rivés sur une araignée occupée à tisser sa toile dans un coin du plafond. « Une demi journée » pensais-je. « Voila tout juste ce qui sépare mon ancienne vie monotone et ennuyeuse de mon nouveau statut d’apprenti. »
Exténué, je fermais les yeux et m’endormis, un sourire au coin des lèvres, impatient d’en découdre.
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Chapitre 8 : La cérémonie d'intronisation



Au petit matin, je fus réveillé en sursaut par des coups donnés avec force sur la porte de ma chambre.

-Debout fainéant !

La porte s'ouvrit sans autres cérémonies, et une imposante femme fit irruption dans la pièce, main sur les hanches, l'ai sévère. Son physique la forçait à se déplacer lourdement et maladroitement, et rien que le fait de marcher semblait être un calvaire pour elle. Elle avait des cheveux roux attachés en chignons, de petits yeux marrons constamment cachés sous des paupières qu'elle gardait à demi-closes, et portait un tablier blanc. Sa peau blanche était parsemée de tâches de rousseur, et une forte odeur de propre, mélange de savon et de parfum émanait de sa personne. Elle se traina jusqu'à l'unique fenêtre de ma chambre et en tira les rideaux. Dans un premier temps, je plissais les yeux, éblouis par la soudaine lumière qui venait d'envahir les lieux. Mais je n'eu pas le temps de m'en plaindre car trente secondes plus tard, je me sentis soulevé dans les airs. La vilaine dame -car oui, pour ne rien vous cacher, c'était l'impression qu'elle donnait- me jeta ensuite sur le sol froid comme un vulgaire chiffon.

-Petit-déjeuner dans cinq minutes ! hurla-t-elle.

Puis elle me lança à la figure des vêtements propres, et se dirigea vers la sortie. Arrivée sur le seuil, elle se retourna une dernière fois.

-Au fait, moi c'est Dame Keylia. Je suis la gouvernante du château. Avec moi tu verras, ça roule au quart de tour !

-Il m'avait semblé le comprendre, en effet, commentais-je tout en me massant le derrière. Un simple bonjour aurait surement fait l'affaire, vous savez. Rassurez moi, ce ne sera pas comme ça tous les jours ?

Elle haussa les épaules et tourna les talons.

-Si ! Et encore, aujourd'hui je fais en sorte de ne pas trop vous brusquer vu que c'est votre première fois, l'entendis-je dire par dessus son épaule alors qu'elle s'éloignait dans le couloir à la recherche de sa prochaine victime.

J'enfilais à la hâte ma tenue, et me dirigeait ensuite en direction du réfectoire. Là, d'autres élèves à moitiés endormis se faisaient servir du café et autres boissons lactés, le tout agrémenté de quelque tartines de pain frais et de confitures.

-Bien dormi ? me demanda Kerit tout en s'installant à côté de moi.

-Disons que jusqu'à ce que je me fasse agresser par dame Keylia, ma nuit était plutôt douce, lui répondis-je.

-Ah oui, la folle au chignon... Au début je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, alors je me suis défendu et je l'ai mordu à la main. Je crois qu'elle n'a pas appréciée.

Une fois le petit-déjeuner engloutit, Dame Moona entra dans le réfectoire, l'air solennel, et les conversations cessèrent immédiatement.

-Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd'hui est un jour particulier. C'est en effet le jour de votre intronisation. Pour ce qui ne savent pas en quoi cela consiste, ne vous inquiétez pas, vous ne tarderez pas à le savoir. Je vais tous vous recevoir un par un. Lorsque votre nom sera appelé, je vous demanderez de suivre Dame Keylia jusqu'à mon bureau.

A l'évocation de son nom, Dame Keylia lança un sourire carnassier à la cantonade des élèves qui n'en furent que plus inquiets à l'idée de se trouver seul avec elle pendant le trajet jusqu'au bureau de la doyenne.

-Et puisque nous ne sommes pas en avance, et qu'il ne servirait à rien de poursuivre cette conversation plus longtemps, je vous propose de commencer par le premier élève. Abbadi Tom.

Un élève se leva et suivi Dame Moona dans les couloirs de la tour.

J'étais à la fois curieux et impatient de voir en quoi consistait cette fameuse cérémonie d'intronisation dont le nom était sur les lèvres de tous élèves depuis mon arrivée à l'Académie. Les comportements différaient selon les élèves: les moins inquiets se contentaient de bavarder entre eux, tout en décontraction, alors que les moins rassurés se terraient dans un silence dont ils ne sortiraient pas avant d'avoir fini leur entretient avec Dame Moona.

Enfin, Dame Keylia prononça mon nom.

-Kamélio Kiram

-Kirhel'ham, la corrigeais-je tout en me levant de mon siège.

Elle me lança un regard noir et m'intima à la suivre. Nous descendîmes les marches de la tour de quelques étages et empruntâmes une des nombreuses passerelles extérieures menant jusqu'à l'édifice principal de l'Académie. Bien que nous ne fussions que le matin, déjà la chaleur commençait à être pesante, et lorsque nous arrivâmes devant le bureau de la doyenne, Dame Keylia était toute essoufflée.

-Entre, m'ordonna t'elle simplement, la voix saccadée.

Je poussais la porte.
L'intérieur était richement décoré: sur les murs, de magnifiques tapisseries parsemées de fresques et faïence représentants divers sorciers en pleine joutes, ainsi que d'innombrables tableaux au cadres dorés. Le premier pas que je fis dans la pièce fut accueillit par un épais tapis rouge, qui absorba le choc, me donnant ainsi l'impression de flotter en l'air. Dans le coin gauche du bureau, à côté d'une large fenêtre, se trouvait toute une série d'étagères aux usages multiples, accueillant montagnes de livres et objets en tous genres. Enfin au centre de la pièce, un bureau en chêne massif sculpté à la perfection, derrière laquelle se tenait Dame Moona, assise sur une chaise, en parfaite harmonie avec ce décors. Lorsqu'elle me vit, un sourire radieux illumina son visage.

-Monsieur Kirhel'ham ! Prenez place ! m'ordonna-t-elle en indiquant une autre chaise lui faisant face.

Je m'installais en même temps que Dame Moona signifiait à la servante de nous laissé seul. Une fois que la porte fut refermée derrière elle, la doyenne commença son discours.

- Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer, tenta-t-elle de me rassurer en observant mon air inquiet par derrière ses lunettes.

Je me trémoussais sur mon siège, attendant la suite. Dame Moona, quant à elle, farfouillait dans ses papiers à la recherche de quelque chose, fronçant les sourcils à mesure que la pile diminuait. Enfin, elle s’attarda sur une feuille, qu’elle tira à elle avec une satisfaction apparente.

-Bien. Nous ne disposons pas de beaucoup de temps. Tu l’aura sans doute remarqué, la journée est assez chargée en ce qui me concerne. Ce sont les contraintes du métier de doyenne, ajouta-t-elle dans un sourire. J’irais donc droit au but.

Elle joignit ses mains dans un geste ressemblant à s’y méprendre à une prière, et me regarda dans les yeux. Ses pupilles bleues claires luisaient d’un éclat qui trahissait une malice et une force de caractère à toute épreuve.

-Les sorciers que nous sommes sont amenés à œuvrer pour la paix du royaume, et sont donc parfois contraints de mener batailles contre tous ennemis représentant une menace pour le peuple. Aussi n’est-il par rare que certains nous vouent une haine farouche pour quelques raisons que ce soit. Il est donc une coutume à l’Académie, qui veut que pour protéger un minimum nos semblables et leurs proches, nous leurs octroyons un nom d’emprunt, créer de toute pièce par nos soins.

Elle marqua une pause, et se massa la tempe d’un geste nonchalant.

-Ce que je veux dire par là, Monsieur Kirhel’ham c’est qu’à partir de cet instant, vous n’êtes plus et n’avez jamais était Kamélio Kirhel’Ham.

Elle posa la feuille à plat sur la table, et je pus constater qu’il s’agissait en fait d’une lettre à caractère très officielle, sertie de la mention « Confidentiel » en tête de page.
Un large sourire fendit son visage.

-Je ne sais vraiment pas ou ils vont chercher tous ces noms, à l’administration… commenta-t-elle plus pour elle que pour moi. En tout cas, je trouve que cela vous va plutôt bien…

Elle se racla la gorge et pris une voix plus neutre afin de me lire le contenu de la lettre.

-Moi, Dame Moona de Rocheferant, doyenne de l’Académie de Magie, Sorcière gradée au titre de Conseillère du Royaume, atteste par le présent document rédigé en un unique exemplaire, donner au dénommé Kamélio Kirhel’Ham de Téhasia, Apprenti sorcier en son rang, connaissance de son nom d’emprunt qu’il utilisera pour et en dehors des missions confiées par La Guilde des Mages, et ce tant qu’il la servira. En cet instant, j’ordonne que le nom de Kamélio Kirhel’Ham ne soit plus, et je souhaite officiellement la bienvenue au nouvel apprenti…

Elle marqua une pause, pour ménager le suspens, et leva à nouveau ses yeux vers moi.

-…Confusius.

Dans ma tête, un cri de triomphe se fit entendre.
« Confusius ? demanda Machin, qui n’était plus intervenu depuis fort longtemps. Ce nom nous va à merveille, tu ne trouves pas ? En tout cas, il semblerait qu’ils soient plus doués que toi concernant l’attribution de noms. »

Dame Moona leva un index en direction de la feuille, et celle-ci pris feu, réduisant à néant la seule preuve de ce qui venait de se passer.

-Ainsi se clôt la cérémonie d’intronisation de l’Apprenti Confusius, conclut-elle en balayant d’un revers de main les cendres qui étaient tombées sur son bureau.

-Une dernière chose : les élèves sont répartis en groupe de trois ou quatre, chaque groupe ayant un professeur référant. Pour vous ce sera un peu spécial. Au regard de vos aptitudes particulière, nous vous avons mis dans le groupe alpha, avec trois autres compagnons. Vous quatre possédez des dons qui ferons de vous l’élite de demain, et en conséquent vous recevrez un entrainement spécifique visant à développer vos aptitudes. Et puisque j’y pense, j’espère que vous avez bien profité de votre chambre cette nuit, parce que dès cet après-midi, vous et votre équipe quittez le château. Comprenez, votre professeur référent est quelque peu…réticent à l’environnement des lieux, qu’il juge malsain et inapte à l’apprentissage de la magie. Je ne partage pas du tout son point de vue, mais toujours est-il qu’il est libre de faire de vous ce dont il voudra, alors bon vent. Ah et un dernier point. Peut être vous paraîtra-t-il bizarre, peut être ne comprendrez vous pas de suite ce qu’il vous demandera, mais soyez sur d’une chose : j’ai une confiance aveugle en son jugement, aussi tachez de suivre scrupuleusement son enseignement, car ce sera le seul moyen efficace pour vous de progresser de manière fulgurante. Une bonne journée à vous, ajouta-t-elle en m’indiquant la porte.

J’étais littéralement abasourdi. En moins de cinq minutes, je venais de changer de nom, et on venait de m’apprendre que je devais quitter l’Académie moins de vingt-quatre heures après y avoir débarqué. Pour la première fois depuis mon arrivée, je prenais l’entière mesure de mon nouveau statut. Il venait à l’instant de se produire une cassure irrémédiable entre mon ancienne vie de garçon quelconque, et celle qui me liait à présent à la Guilde.

« Et bien quoi, tu ne dit rien ? » demanda Machin qui semblait prendre un malin plaisir à tout ce qui venait de se passer.

« Il n’y a rien à dire pourtant. » commentais-je.

-Apprenti Confusius ! Filez maintenant, et que ça saute ! S’impatienta la doyenne.

La chaise sur laquelle j'étais assis racla mollement contre la moquette rouge, et après avoir salué Dame Moona une dernière fois, je me dirigeais vers la sortie, ou déjà attendais l'élève suivant et Dame Keyria, soufflant comme un boeuf. Confusius... quelque chose en moi était ravi. Comme si le simple fait de changer de nom me permettait d'oublier le passé, de repartir à zéro.

"Espérons juste que l'on ne soit pas avec des guignols dans notre équipe", commenta Machin.

"ça, nous n'allons pas tarder à le savoir..." lui répondis-je intérieurement, tout en me dirigeant vers ma chambre afin de replier bagages.

Dehors, le vent s'était levé, hurlant de toute sa puissance contre les fenêtres du château, et jouant avec le sable qu'il soulevait en tourbillon. Bravant les éléments, un homme avançait en direction de l'Académie, couvert d'une cape de voyage dont le capuchon rabattu sur sa tête lui donnait un air encore plus mystérieux.
Sous sa cape, sa main droite tenait fermement une dague, et si l'on avait pu voir son regard, on y aurais lu toute la détermination et la volonté dont il faisait preuve pour mener à bien sa funeste mission...
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