Shakes & Fidget - France  
  #1  
Ancien 07/09/2011, 10h54
Avatar de Lou Ann
Lou Ann Lou Ann est déconnecté
Beau parleur
 
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Par défaut La vie d'une Lou.

Parce que j'aime bien remplir les vides de sa vie. Jtrouve que ça la rend plus vivante.
Donc sauf cas exceptionnel, c’est un Rp solo. Puis de toute façon je ne sais même pas si y aura des suites après ce vide remplis.
On remercie Telodia pour m'avoir poussée à le poster alors que je ne le souhaitais pas vraiment. Si vous n'aimez pas faut aller la voir aussi. =p
Critiques, commentaires, sont les bienvenus. Positifs ou négatifs hein.
Petit message de remerciement à un Loup des contrées lointaines...

__________________________________


Le vent fouettait son visage et lui faisait un bien fou. Son cheval galopait toujours plus vite comme une irrésistible envie d’être le premier à la limite de la falaise. Il fallait arriver à temps pour être la première.
Le regard droit devant elle, la cavalière guidait sa jument avec détermination et minutie comme si elle ne faisait qu’un avec elle. Un écart pour éviter un rocher et la voilà qui saute au dessus d’une branche pour ne pas perdre de temps le tout avec grâce. La cavalière ne put cependant s’empêcher de jeter un regard derrière elle. Pourtant on ne voyait rien à perte de vue qu’un désert aride et rocailleux, à part peut-être un bois qu’elle longeait sur sa gauche.

La fin de la falaise approchait à vue d’œil et la cavalière claqua des rennes pour arriver encore plus vite avant de se rendre compte que quelqu’un l’attendait déjà sur la ligne d’arrivée de la course. Cette découverte lui tira une grimace et elle perdit tout envie d’arriver le plus vite possible devant la ville. D’un simple claquement de langue, la jument ralentit pour finir sa course au pas jusqu’à la fin de la falaise qui surplombait la ville. L’homme qui l’attendait ne daigna même pas regarder la cavalière lorsqu’elle arriva à sa hauteur. Les cheveux de jais et le regard ténébreux, il regardait sa ville comme il l’avait fait des milliers de fois, avec autant d’émerveillement que la première fois. La robe crème de son étalon, accordé à sa chemise contrastait fortement avec le teint mat de sa peau.
La cavalière ne s’en vexa pas, elle aussi regardait le soleil se coucher, illuminant petit à petit la ville de mille feux. En effet, les rayons ocres et rosés du soleil couchant se reflétaient sur les sculptures de verres et de pierres précieuses entourant la ville comme si elles la protégeait. On avait l’impression que chaque statue avait une fonction bien particulière qu’on remarquait au premier coup d’œil mais en fait elles recelaient bien des secrets. Cette ville au doux nom de Mmaraviyhlla renfermait d’ailleurs d’autres trésors en son sein que même les habitants n’avaient pas encore découverts. Mais pour l’heure, la cavalière contemplait la vue de cette splendide ville sous un coucher de soleil. C’était un spectacle que la cavalière avait redécouvert il y a peu et elle ne s’en laissait pas. Elle soupira d’aise et d’émerveillement.

- Comment une ville peut-elle renfermer autant de belles choses ?
- Tu te le demandes encore ?

La cavalière n’avait pas entendu arriver une troisième personne et bien qu’elle sache que celle-ci devait arriver sous peu, elle sursauta, signe d’un traumatisme encore présent. Elle prit le temps de regarder l’arrivante pour retrouver un souffle un peu près normal. De petite taille, la jeune femme ne le semblait pourtant pas sur son cheval à la robe acajou. Le teint très mat, elle était plutôt jolie et ses yeux noirs presque mystérieux la rendaient encore plus envoutante. Elle avait une marque rouge à l’endroit du troisième œil et portait une Sari de couleur feu avec une chaine en or autour du cou. La cavalière sourit à la jeune femme avant de répondre, non sans avoir de nouveau tourné les yeux sur la splendeur de la ville.

- Oui Shaé. Tu sais très bien que je n’aime pas la magie. C’est inhumain pour moi de m’extasier devant un tel chef-d’œuvre fait par une ville fondée par des mages.
- Et pourtant tu ne te lasses pas de contempler. L’homme se prénommant Zoryon rit doucement devant le poignant des ses propos.
- C’est tellement beau en même temps. Je remercierais presque ces bandits de…

Une violente douleur dans l’abdomen se raviva à ses propos et elle se plia en deux comme si cela pouvait changer quelque chose.

- Lou que t’arrive-t-il ?

Shaé s’était inquiété pour son amie et s’était rapprochée d’elle, prête à la soigner de nouveau si le besoin s’en faisait sentir. Lou la rassura d’un sourire et se tint de nouveau droite. La douleur se dissipait peu à peu.

- Ne t’inquiète pas pour moi Shaé. Se replonger dans son passé n’est jamais bon mais je m’en sortirai.

Shaé n’était pas dupe. Elle avait beau être la meilleure guérisseuse de la ville, il y a certaines blessures qu’elle ne pourrait jamais soigner et refermer. Comme pour appuyer ses pensées, Lou ne regardait plus la ville avec la même intensité. Son esprit était ailleurs.
Vers de plus sombres paysages.
Souvenirs…


***


Il faisait nuit et comme toujours c’était son moment privilégié pour se rendre à la taverne de la ville. Sa mère était dans la pièce commune en train de nettoyer ce dont ils avaient eu besoin pour le dîner. Lou Ann l’embrassa au passage et continua son chemin sans rien dire. Sa mère ne lui posa même pas de questions, elle savait que ça ne servait à rien. Et puis elle était bien assez grande. La porte claqua dans le silence, Lou Ann était déjà partie.

Elle avait même déjà prit la route pour rejoindre la taverne. A vrai dire il ne fallait pas longtemps pour y arriver mais Lou Ann aimait marcher lentement malgré la nuit et tous les monstres qui y rôdaient à cette heure. Elle s’arrêta soudain, se croyant suivie. Glissant discrètement sa main près de sa dague, elle la retira de son fourreau. Elle était prête à s’en servir si l’inconnu s’approchait de trop près. La nuit, on n’était jamais trop prudent. Elle garda pourtant son allure pour ne pas éveiller les soupçons si quelqu’un la suivait vraiment. Et apparemment c’était le cas, elle sentait une présence de plus en plus proche d’elle.
Elle continua de marcher encore un peu avant de se retourner brusquement, sa dague en avant. Quelqu’un l’avait bien suivi mais pas assez rapide, il n’avait pas eu le temps de se cacher pour ne pas se faire voir. Si tel était son but. Dans la pâle lueur de la lune et des lanternes de la ville, Lou ne distinguait qu’une simple présence sous une cape noire. L’individu enleva sa capuche pour découvrir son visage et Lou commença à hésiter. Le visage de la jeune femme, puisque l’inconnu en était une, lui semblait familier et pourtant si différent de celui qui lui venait à son esprit. Lou Ann n’eut pourtant pas le temps de se décider entre garder sa dague devant elle ou la ranger dans son fourreau que la jeune femme écarta la lame avant de lui sauter au cou.

- Lou Ann ! tu m’as manqué tu sais, j’ai cru ne jamais te retrouver…

Bien qu’elle trouva les circonstances des plus bizarres, Lou Ann sourit et resserra son étreinte sur la jeune femme. Cette voix, elle l’a reconnaitrait entre toutes. Et elle aussi lui avait manqué. On rencontre énormément de personnes exceptionnelles lorsqu’on voyage.

- Que fais-tu ici dans une contrée aussi reculée de la tienne Seledyn ?
- Je…j’ai besoin de toi…

Lou Ann s’écarta d’elle pour mieux la regarder. C’était une frêle jeune femme de petite taille, 1 m 60 tout au plus, aux cheveux roux flamboyants qui contrastait avec sa peau blanche, presque livide, beaucoup plus même que dans les souvenirs de Lou Ann. Ces yeux étaient noisettes mais difficile de le voir en cette heure si tardive. Elle semblait d’ailleurs fatiguée comme si elle portait un énorme poids sur ses épaules. Ces cheveux roux, ces yeux noisettes… quelque chose n’allait pas.

- Eh bien justement j’allais me désaltérer dans une taverne, que dirais-tu de tout me raconter autour d’un verre ?
- Non Lou Ann. J’ai besoin de toi maintenant, insista-t-elle sur ce dernier mot. On a de la route à faire, je t’en prie accompagne-moi et je t’expliquerai tout.
- Si tu me promets que je reviendrai ici très vite.
- J’ai justement besoin de toi pour que ça se règle rapidement. S’il te plait…

Lou Ann se retourna quelques instants pour regarder dans la direction de la taverne, se demandant s’il ne fallait pas mieux s’y rendre. Un officier s’y trouvait et le mettre au courant serait bénéfique. Elle regarda de nouveau dans les yeux de Seledyn et compris qu’il fallait mieux accepter.

- Bon très bien allons-y mais je veux tout savoir.

C’était plus une requête qu’un ordre. Lou savait très bien que Seledyn ne lui dirait pas tout mais elle ne l’obligerait jamais à dévoiler tout.
Si elle avait su…

***

Cela faisait maintenant plusieurs jours qu’elles voyageaient toutes deux à cheval et Lou Ann commençait à se demander si ça avait été une bonne idée de partir sans prévenir. Vu le temps qu’elles avaient mis pour venir jusqu’ici, elles n’étaient d’ailleurs toujours pas arrivées à leur but, son absence allait finalement être longue. De plus, bien qu’aucun incident n’ait eu lieu, Lou Ann pressentait de plus en plus le pire.

- Séledyn, je sais que tu crains pour moi si j’en sais trop mais explique-moi au moins pourquoi moi en particulier.
- Parce que j’ai confiance en toi, parce que tu as déjà aidé mon peuple, parce que plus de monde ça paraîtrait suspect et parce que d’habitude tu ne poses pas ce genre de question !

Lou Ann retint un rire mais ne dit rien. Elle approuvait. Séledyn en rajouta donc.

- Ca parle de magie. Je sais que tu n’aimes pas en parler. Et que bien malgré toi, tu t’en trouves toujours mêlée.
- Là c’est toi qui m’y pousses. Parle-moi au moins de ce que tu gardes sur toi si précieusement.

Lou Ann était à la hauteur de Séledyn et la regardait. Elle espérait vraiment qu’elle lui dirait quelque chose, quelque chose qui lui donnerait envie de continuer de l’accompagner. Mais au moment où Séledyn allait parler Lou Ann stoppa son cheval et conseilla Séledyn d’en faire de même. Elle avait cru entendre des bruits qui ne présageaient rien de bon. C’était trop calme, bien trop calme pour qu’il n’y ait rien à craindre.
Lou Ann avait eu raison. Quelques secondes plus tard elle arracha son amie à sa monture pour la plaquer au sol sans crier gare. Le bruit en question était en fait une flèche pourfendant l’air jusqu’à elles. A peine toucha-t-elle le sol avec son amie que d’autres flèches suivirent alors que la première avait déjà éraflé le bras gauche de Lou Ann. Le sang imbibait déjà sa chemise écrue sans qu’elle ne ressente pourtant une certaine douleur, l’adrénaline sans doute. Leur chevaux s’enfuyaient déjà mais c’était mieux ainsi, pour leur survie.
Lou Ann retira son arc de son dos et prit quelques flèches. Il s’agissait d’agir vite. Elle ordonna à Séledyn de rester à couvert mais elle savait qu’elle n’en ferait qu’à sa tête. D’ailleurs, la voilà déjà profitant de la précipitation pour glisser dans la poche de son amie une bourse sans qu’elle ne s’en aperçoive avant de se s’accroupir pour mettre à exécution sa magie. Lou Ann soupira. Elle ne comprendrait jamais pourquoi la magie existait. Déjà des lianes aussi grosses que les branches primitives d’un arbre sortaient du sol sans qu’on puisse comprendre pourquoi. Lou Ann essaya de ne pas y penser et glissa ses flèches une par une sur son arc, avant de les envoyer successivement vers leurs assaillants. Les flèches trouvèrent toutes les trois leurs cibles qui s’effondrèrent instantanément un à un après chaque lancer effectué rapidement. Les lianes sorties de terre miraculeusement continuaient quant à elles leur chemin assassin dans les rangs ennemis. Lou Ann esquissa un sourire. Elle ne savait pas qui ils étaient mais ils allaient le regretter. Déjà 5 bandits à terre en un rien de temps ! Ils n’y en avaient plus que deux et c’en était terminé.

***

C’est sur cette idée positive que Lou Ann s’empressa d’encocher une dernière flèche mais malheureusement des individus venus de nulle part arrivèrent par le ciel comme par enchantement et encerclèrent les deux amies. Lou Ann n’eut pas le temps de frissonner en pensant qu’il s’agissait sûrement de magie qu’ils touchaient déjà tous terre. Au premier coup d’œil, Lou Ann les compta. Ils étaient six et à 2 mètres d’elle tout au plus. En parfaite synchronisation et organisation. Et de toute évidence, il n’était pas là pour les constituer prisonnières. Armés de simples épées longues, c'était pourtant bien suffisant de voir qu'ils ne voulaient que leur mort ça ne faisait aucun doute. Aucun arbre à l’horizon ni même un quelconque indice sur ces malfaisants pouvaient indiquer à Lou Ann comment ils étaient arrivés par les airs mais elle n’avait de toute façon pas le temps de s’en soucier. Sa blessure à l’avant bras commençait à l’élancer mais Lou Ann ne se démoralisa pas pour autant. Elle voulait s’en sortir ne serait-ce que pour réprimander fortement son amie Séledyn de l’avoir entrainée dans cette histoire. Pour elle, il ne faisait aucun doute, ces bandits venaient pour son amie. Il lui était cependant impossible d’utiliser son arc à cette distance, ils auraient vite fait de l’achever avant qu’elles n’aient pu tous les tuer. Comme s’il existait une connexion entre les deux amies, elles se relevèrent ensemble et se mirent dos à dos.

- Il ne me reste plus beaucoup de force Lou…je ne tiendrai pas jusqu’au bout…chuchota Séledyn
- Débrouille-toi pour nous protéger de leur…magie. Elle est présente. Je m’occupe du reste…

Elle ne savait d’ailleurs pas encore trop comment. Elle n’avait pas jugé bon d’emporter une épée avec elle, à cause sans doute de la précipitation mais surtout pour ses capacités limitées à la manier. Malgré les séances d’entraînement qu’Artigan lui donnait et qui semblait légèrement porter ses fruits, il était évident qu’elle ne savait toujours pas la manier au point que ça puisse lui être utile.
Lou Ann sentait déjà la magie de Séledyn rôder autour d’elle. Elle n’aimait pas la situation mais sans ça, c’était perdu d’avance. Il fallait d’abord repérer ce foutu mage, s’il y en avait qu’un et le maîtriser. Séledyn lui confirma par un geste de la main que la magie qu’elle tentait de contrer se concentrait en un seul être proche d’elles. Il se faisait donc passer pour un guerrier et s’était mêlé au groupe qui les assaillait. Il n’y avait aucun moyen de savoir qui ça pouvait bien être tant qu’elle n’aurait pas attaqué. Tandis que Séledyn s’occupait de barrer la route à trois des bandits par ses lianes qui avaient fini par revenir sous l’ordre de leur créatrice, Lou Ann cherchait désespérément une idée lumineuse quand une liane se dressa au dessus d’elle. Lou Ann sourit, rien de tel que de prendre de la hauteur, avec un peu de chance elle pourrait les attaquer sans trop risquer sa vie et le mage serait forcé de se montrer.

- Séledyn, prépare-toi, je tente de faire sortir le mage de sa cachette…chuchota-t-elle.

Elle se baissa comme pour prendre son élan, ramassa au passage les flèches qu’elle n’avait pas utilisées, son arc déjà en bandoulière. Elle bondit avec une facilité déconcertante, agilité qu'elle acquit de ses nombreuses balades d'arbres en arbres, et attrapa la liane qui la surplombait. Elle se hissa à la vitesse de l’éclair alors que déjà les bandits réagissaient et se précipitait vers elle. Un rapide coup d’œil vers Séledyn lui confirma qu’elle peinait à contrer les assauts du mage invisible et qu’il ne lui restait que peu de temps. De plus, elle avait neutralisé déjà deux bandits alors que Lou lui avait dit qu’elle s’en chargerait. Il s’agissait donc d’être à la hauteur de son amie. Elle prit son arc et y glissa une flèche avant de tirer sur le badaud qui tentait de couper la liane sur laquelle elle s’était perchée, utilisant son épée comme une hache. Il n’eut pas longtemps de comprendre ce qu’il se passait. La flèche lui transperça le cœur et les poumons et mourut avant de toucher le sol. Lou Ann ne s’en soucia pas, un autre venait déjà de prendre sa place. Il avait réussi à grimper lui aussi sur la liane et était maintenant trop proche de Lou Ann pour qu’elle utilise son arc. Le scélérat attaquait déjà et Lou Ann n’eut la vie sauve qu’à sa prodigieuse agilité et les cours qu’elle avait suivis, évitant de peu l’épée qui fonçait droit sur elle sans pourtant perdre l’équilibre. A vrai dire même, elle voyait en son adversaire un combattant redoutable mais beaucoup moins qu’Artigan.
Ne jamais perdre de vu son adversaire, utiliser son agilité, ne pas rester statique, penser qu’il pouvait être une arme bien plus que sa lame elle-même… Tous ses conseils lui revenaient en mémoire et elle tentait de les suivre du mieux qu’elle pouvait perchée à deux mètres du sol sur une liane qui ne cessait de bouger. C’était d’ailleurs un avantage pour elle. Alors que son adversaire peinait à garder l’équilibre entre chaque attaque de plus en plus précise, Lou Ann suivait le mouvement tel qu’elle le faisait quand grimpait aux arbres, les branches portés par les vents. Elle peinait à éviter les attaques et commençait à perdre petit à petit espoir de s’en sortir. Elle ne tarderait pas à faire une erreur qui lui serait sûrement fatale. La lame tenta une nouvelle fois de la transpercer et elle réussit encore une fois à s’écarter. A ce moment là tout lui devint clair. Son adversaire pouvait être une arme mais elle aussi. D’un coup sec elle frappa son poignet pour lui faire lâcher l’épée qu’elle récupéra dans son autre main avant qu’elle ne tombe plus bas au sol. Elle profita de la surprise de son adversaire pour empoigner l’épée à deux mains et très maladroitement, planter l’épée en plein cœur. Lorsqu’elle eut retiré la lame, Il ne fallut pas longtemps avant que le bandit ne s’écroule au sol.

Lou Ann effectua un rapide coup d’œil sur la scène qui s’offrait à elle. Sur les trois bandits que Séledyn avaient tenus à l’écart, il n’en restait plus aucun. Tous au sol, au vu des lianes meurtries le combat avait dû être acharné. Pour confirmer ce fait, Séledyn peinait à contrer la magie malfaisante qui emplissait les lieux.
Il ne restait plus qu’un assaillant encore debout et de rage, il avait laissé tomber son déguisement de guerrier, lâchant son épée au sol pour se concentrer sur sa magie. Une vague encore plus grande déferla sur les deux amies et elle fut fatale. Le bouclier magique que Séledyn cherchait désespérément à faire durer céda et le flux magique atteignit Séledyn sans que Lou ne puisse faire quoique ce soit d’autre que crier son nom. Séledyn sombra dans l’inconscience, mais étais-ce que ça réellement ? A vrai dire le choc avait été si violent que toutes ses créations perdirent de leur substance instantanément et disparurent. Perchée sur l’une d’elles, Lou Ann tomba au sol avec fracas.

***

Lou eut du mal à reprendre ses esprits. Allongée sur le ventre, elle s’écarta du sol à l’aide de ses bras et comprit tout de suite une chose. Son bras gauche était déjà bien engourdi par sa blessure qui devait être plus grave qu’elle ne le pensait mais en plus, elle avait sans doute voulu s’aider de ce même bras lors de la chute et celui-ci semblait ne plus vouloir réagir du tout. Elle releva la tête avec difficulté, ne sachant plus très bien où elle en était et aperçut Séledyn au sol sans aucune réaction, ses cheveux commençant doucement à virer au blanc. Cette vision redonna un gain de force à Lou Ann qui se releva en grande trombe et se précipita vers elle.
Dans toute cette pagaille elle en oublia le mage qui lui rappela bien vite de sa présence. A peine quelques pas parcourus que son souffle vint à manquer, sa trachée semblant se comprimer sous une force obscure. Son seul réflexe fut de mettre ses mains sur son cou, chose qui ne servait strictement à rien.

- Toi, sale petite effrontée, je te hais de détruire tous mes projets !

Le mage. Il n’en avait pas l’air au premier abord. Grand, les cheveux blonds en bataille, seulement ses yeux reflétaient la noirceur qui émanait de son âme. Lou Ann l’avait contrarié, Dans aucune des prédictions qu’on lui avait faite était mentionnée une fille accompagnant une Kilakasán. Il avait hésité à attaquer. Il n’aimait pas les imprévus. Mais la tentation de récupérer ce qu’il désirait plus que tout au monde l’avait amené à le faire. Cette fille avait tout détruit et on voyait dans ses yeux qui, d’un naturel déjà bien noir, étaient maintenant injectés de sang. La rage qui l’habitait le faisait avancer vers la fille avec rapidité, le bras en avant et sa main crispée comme si elle était déjà sur la gorge de Lou Ann. Elle avait tout détruit, elle mourrait de ses propres mains.

- La Kilakasán morte, elle ne me sert à rien ! Tu mérites que je te torture, te privant de cet air qui t’est si indispensable et quand enfin tu sombreras dans l’inconscience, je te trancherai la gorge avant que tu ne touches terre !

Il n’était plus qu’à quelques mètres mais Lou Ann n’avait rien écouté de ses propos. L’air commençait à lui manquer, elle se sentait prendre le chemin de l’inconscience, son regard vide… qui loucha quelques instants sur l’épée qui jonchait le sol. Elle mit quelques secondes à comprendre ce que c’était, le mage se rapprochant encore plus d’elle. Dans un dernier soubresaut de force, Lou Ann glissa son pied droit sous la lame et la fit voltiger jusqu’à sa main droite qui la rattrapa au vol, avant d’effectuer un cercle à hauteur d’épaule, coupant net la tête du mage qui, persuadé qu’elle ne pouvait plus bouger n’eut même pas le temps d’être surpris qu’il était déjà mort.

Lou Ann souffla un grand bol d’air et lâcha par la même occasion l’épée qui lui avait permis de se libérer de son emprise. Elle respirait difficilement et à grands à-coups sonores pour retrouver un souffle un peu près normal et retrouver de bien plus belles couleurs que ce rouge flamboyant…rouge flamboyant…Séledyn !
Lou Ann se retourna pour faire ce qu’elle souhaitait avant que le mage ne la tienne en joux, rejoindre Séledyn espérant qu’elle soit encore en vie malgré les mauvais présages. Il fallait toujours espérer pour avancer. Qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle sentit une vive douleur lui traverser le ventre. Lou Ann chercha du regard d’où venait la douleur. Une épée venait de la transpercer de part en part, ressortant dans son dos. Un brigand avait apparemment survécu et même s’il semblait à bout de force, il avait réussi l’exploit de finir le travail pour lequel il avait été engagé. Lou Ann releva la tête. Elle jeta un dernier coup d’œil à celui qui venait de la transpercer avant qu’il ne lui acène une dernier à-coup avec son épée. L’assassin retira vivement son arme meurtrière et il ne fallut pas longtemps avant de voir Lou Ann s’écrouler au sol. Satisfait de son travail, l’assassin prit soin d’essuyer l’épée victorieuse, le plus carnassier des sourire sur ses lèvres…

***

Souffrance.
Ce n’était pas tant le trou béant dans sa poitrine d’où ne cessait de couler un liquide rouge qui la tordait de douleur. La souffrance venait d’ailleurs. Elle était envahie d’idées noires. Elle s’en voulait d’avoir échoué. Le coup qu’on lui avait asséné avait été parfait, elle mettrait des heures à mourir. Si cette douleur ne l’achevait pas avant.
A mesure que le temps passait, Lou pensait de plus en plus qu’elle avait mérité de souffrir ainsi, qu’elle devait subir cette lente agonie pour avoir failli à ce pour quoi elle s’était engagée. La vision de Séledyn étendue sur le sol lui revint en mémoire comme un coup de poignard dans son cœur qui se noyait dans son sang. Séledyn aussi avait rendez-vous avec la mort et l’avait sûrement même déjà rejointe. Lou tenta de crier pour évacuer sa rage mais aucun son ne sortit. Elle s’étouffa presque même, le goût rouillé du sang remplissait sa bouche.
Souffrir.
Et attendre.
C’est tout ce qu’il lui restait. Lou ferma ses yeux puis les rouvrit. Sa vision devenait flou signe que l’inconscience allait la gagner et pourtant elle était toujours là à souffrir. Combien de temps allait-elle rester ainsi avant de cesser de vivre et de souffrir ? Une larme coula sur sa joue sans qu’elle ne s’en aperçoive vraiment. Elle pensait à autre chose. Elle se rattachait tant bien que mal à ce qu’elle voyait dans sa tête. Quand on a failli mourir, il paraît qu’on revoit sa vie en accéléré. Mais quand on meurt c’est tout à fait différent, surtout si la mort est lente est douloureuse. Elle s’accrochait à ses pensées et tentait d’oublier que sa vie s’échappait d’elle par sa blessure, que ses vêtements continuaient à se teindre de plus en plus de rouge.
Elle ne pouvait rien faire. Rien faire à part souffrir.
Et se souvenir…


Flashback


C’était l’automne. Un automne qui peinait à quitter l’été et à rentrer dans l’hiver. Seules les quelques rares feuilles qui restaient se détachant de leur arbre et volant dans les airs permettait de comprendre qu’on était bien plus proche du froid et de la neige qu’il n’en paraissait. Le vent était présent mais son souffle chaud nous baignait encore dans les illusions de l’été. Les oiseaux qui d’habitude à la même époque voguaient déjà vers d’autres lieux étaient encore bien présents et chantaient des mélodies joyeuses. L’un d’entre eux attirait tout particulièrement l’attention d’une petite fille aux longs cheveux dorés et aux yeux bleus. Il avait les ailes étonnamment bleues comme ses iris. Il parcourait en volant l’étendue entière du grand parc de la maison mais n’osait guère s’aventurer plus près d’un mètre du bois qui empiétait sur la propriété, comme si celui-ci abritait de mystérieux dangers.

La petite fille continuait à le suivre des yeux, sautillant et frappant des mains, amusée par ce petit être si étrange. Elle se mit à courir après, les mains en avant comme pour essayer de l’attraper. Elle était captivée par cet oiseau insolite et pourtant lorsqu’elle longea le bois elle s’arrêta. Quelque chose de plus fascinant avait attiré son attention. Elle se retourna pour voir où se trouvait ses parents. Ils avaient l’air bien occupés avec un autre monsieur qu’elle ne connaissait pas, elle en profita donc pour se faufiler à travers les premiers arbres. A mesure qu’elle s’enfonçait, la chose étrange était de plus en plus nette. Elle brillait de plus en plus. En fait c’était une étoile argenté suspendue à un arbre. Intriguée, elle s’en rapprocha encore plus et tenta en sautant de l’attraper. L’étoile était bien trop haute et elle bien trop petite ne serait-ce que pour la toucher. Elle allait laisser tomber lorsqu’elle sauta cette fois-ci plus haut jusqu’à avoir l’étoile en face d’elle. La petite fille rit, elle l’avait enfin dans ses mains. Mais son sourire disparu bien vite quand elle remarqua qu’elle ne redescendait pas sur terre, qu’elle restait en l’air et qu’une main inconnue vint se loger contre sa bouche pour l’empêcher de crier. Rien n’y fit, elle avait beau se tortiller dans tous les sens, on la tenait fermement et on avait bien décidé de l’enlever…

***

Il neigeait. Les flocons tombaient par milliers sur le sol froid de la forêt déjà bien recouvert d’un épais manteau blanc. Trois jours plus tôt, les dernières feuilles des arbres tombaient encore doucement et l’air était doux et voilà que maintenant les arbres n’étaient plus que les ombres noires aux branchages nues et crochues au milieu de ce gris environnant. On ne voyait même plus les chemins tracés entre les arbres, l’immensité du lieu était blanche et uniforme.
Les deux bandits qui avaient enlevé la petite fille peinaient à avancer dans cet océan de blanc poudreux. Ils se regardèrent une seconde, grelotant dans leur petite laine et comprirent que finalement le bon plan qu’ils avaient dégoté n’en était pas un. En effet, le froid les avait gagnés en un rien de temps et la petite serait morte bien avant d’arriver à bon port. Encore fallait-il y arriver et à voir leurs trait tirés du visage, ils en étaient certains, s’ils continuaient dans la direction qu’ils devaient prendre, ils allaient mourir. Mourir de froid, mourir sans un sou, mourir sans avoir bu une dernière bière.
Sans même se concerter les deux hommes s’arrêtèrent de marcher et ils n’eurent pas besoin de plus de quelques secondes pour décider ce qu’ils s’apprêtèrent à faire. L’un des deux déposa la fille sur le sol, emmitouflée dans une couverture blanche, et ils s’enfuirent le plus vite possible vers le village le plus proche, laissant mourir de froid la gamine, si tenté qu’elle ne se fasse pas dévorer par les monstres hantant cette forêt.

D’ailleurs, on entendait déjà les cris des animaux de la forêt se rapprochant de plus en plus de ce cadeau tombé du ciel, cette chair fraîche à portée de pattes alors qu’il n’y avait plus rien à se mettre sous la dent depuis la tombée de la neige. Une meute de loups affamée entourait déjà la petite fille, se léchant les babines rien qu’à l’idée qu’il allait pouvoir festoyer et tenir encore quelques jours.
Le plus gros de tous, un imposant loup à la fourrure grise, sortit du groupe et s’avança vers la proie babines retroussées et crocs aiguisés. Il s’avança tout d’abord lentement de peur que sa proie esquisse un geste mais de toute évidence elle n’avait pas l’intention de bouger. Elle semblait d’ailleurs fascinée par cet animal qui venait vers elle, ses yeux brillaient d’étonnement. Pauvre d’elle, elle ne comprenait de toute évidence pas ce qui allait lui arriver. Sentant l’agitation dans les rangs de sa meute, il ne fallut pas longtemps au loup dominant pour se jeter sur sa proie et s’acharner sur elle. La petite fille n’avait que 5 ans et ne comprit pas ce qui lui arriva. Elle perdit connaissance après avoir rencontré le regard miel d’un loup resté en retrait des autres…



Lou toussa bruyamment, limite à s’étouffer, ce qui eu pour effet de la ramener au présent. Du sang s’échappa de sa bouche, glissant en un fin filament. Elle ne ressentait plus aucune douleur tellement celle-ci était arrivée à saturation. Elle grimaça alors qu’elle avait voulu sourire. Elle ne se rappelait pas de ce passage là de sa vie. Tout ce qu’elle avait su, c’est comment ses parents adoptifs l’avaient retrouvée sur le pas de leur porte, couverte de morsures et griffures alors qu’au loin ils avaient cru apercevoir un loup. Au moins, elle mourrait en sachant ce qui s’était réellement passé…

***

Allongée confortablement autant que ça puisse l’être sur une branche d’un arbre à l’orée de la forêt, elle profitait d’une accalmie dans son travail de commis de cuisine dans le convoi de marchands qu’elle accompagnait pour se reposer. Ces moments étaient rares et elle aimait les passer loin du campement dans les arbres.
Les yeux mi-clos, elle plongeait peu à peu dans un état semi-endormi. Son cœur ralentissait doucement tandis que ses muscles se relâchaient. Elle repensa au chemin qu’elle avait déjà parcouru. 15 ans et elle savait déjà se débrouiller seule. Elle avait eu la chance d’avoir des parents extraordinaires qui lui laissaient faire ce que bon lui semblait et elle ne se privait pas de cette liberté accordée. Elle avait acquis une maîtrise assez remarquable à l’arc, passait ses journées dans les bois et avait même réussi à se faire embaucher dans une caravane de marchands ambulants. C’était d’ailleurs sa plus grande fierté, enfin un rêve réalisé. Ils étaient partis depuis trois semaines et le chemin du retour les attendaient bientôt mais elle profitait de cette petite virée loin de chez elle chaque jour avec la même joie.
Elle se serait presque endormie tant le flot de souvenirs chaleureux de cette aventure venait titiller sa mémoire si elle n’avait pas entendu un cri, ce cri qui aurait dû la faire chuter de 4 mètres sans ses réflexes dans les arbres. Accrochant in extremis la branche sur laquelle elle s’était allongée avec sa main droite, elle se balançait dangereusement au dessus du vide. Elle regarda le sol et jugea qu’elle avait déjà fait pire. Elle lâcha sa main et atterrit au sol sans le moindre mal, encaissant la chute comme elle l’avait toujours fait. Nul besoin de savoir où ce son provenait, déjà le cri retentit de nouveau et elle n’eut aucun mal à retrouver sa provenance. Cachée derrière un arbre elle observait la scène de loin. Une fille en longue robe blanche essayait de distancer deux colosses immenses. A première vue, la jeune femme était en grand danger. A deuxième vue aussi vu le regard terrorisé qu’elle avait alors que les deux colosses l’avait poussée jusqu’au bord de la falaise. Encerclée comme elle était elle ne pourrait rien faire. Il ne lui fallut que quelques secondes pour se décider et elle commença à courir à leur encontre pour être assez près pour tirer. Elle ne voulait pas les tuer, au cas où son instinct n’avait pas vu juste mais seulement les mettre hors d’état de nuir. Et elle savait que lorsque le premier serait au sol, le second se précipiterait sur elle, cherchant à l’éliminer pour rester en vie. L’instinct de survie est toujours plus important que tout. Elle n’avait pas le droit à l’erreur.
Lorsqu’elle fut certaine d’être assez près pour ne pas rater son coup, la jeune femme s’arrêta, encocha un flèche avec son arc qu’elle ne quittait jamais, banda, se concentra sur sa première cible mouvante et tira. La flèche partit avec une telle violence que lorsqu’elle toucha sa cible, celle-ci tomba à la renverse et s’écroula au sol. Déjà l’archère encochait sa deuxième flèche. Le deuxième poursuivant avait compris très vite qu’on leur tirait dessus et avait même repéré la provenance mais il y avait apparemment plus important que sa propre survie. Il cherchait bien sûr à rester une cible des plus difficiles à atteindre en sautant et zigzaguant dans tous les sens mais il se rapprochait de la fille qu’il poursuivait. Il était d’ailleurs sur elle et impossible de tirer sans blesser l’autre fille. Comme elle l’avait prévu, ce temps d’hésitation lui fit fatal. Elle vit incrédule les deux personnes basculer dans le vide derrière la falaise.

Il serait sûrement trop tard mais elle ne put s’empêcher de se précipiter vers la scène. Elle inspecta le premier homme qui gisait à terre dans une position des plus étranges, les yeux complètement ouverts. Elle osa sentir son pou qui en fait était inexistant et ce fait confirma que le coup qu’il avait eu apparemment à la tête en tombant lui avait été mortel. Elle s’approcha donc du bord de la falaise et regarda sans rechigner l’étendue du vide qui y était cachée. Elle n’avait aucunement le vertige et pourtant, on pouvait dire que la hauteur ne la laissait pas indifférente. Scrutant la falaise à la recherche un espoir infime qu’elle n’avait pas tout perdu, elle remarqua bien vite que la jeune femme avait réussi par on ne sait quel miracle de s’accrocher à une racine qui pendait au milieu de cet édifice rocheux. L’autre avait apparemment chuté complètement et s’était perdu au milieu de l’étendue verte qui se profilait au fond du précipice.
Le cœur de l’archère bondit dans sa poitrine. Des sentiments contradictoires l’assaillirent, le soulagement mais aussi la crainte de la voir perdre ses forces et tomber dans ce vide. S’accrochant elle aussi à une liane sortant solidement du sol, elle tendit sa main vers la jeune femme. Petit à petit leur mains se rapprochèrent jusqu’à se toucher puis se tenir fermement et au prix d’un terrible effort Lou Ann remonta la jeune femme sur la terre ferme. A bout de souffle les deux jeunes femmes s’écroulèrent sur le sol et s’allongèrent, leurs cœurs battant la chamade. Un sentiment de bien être envahit Lou Ann et elle su qu’elle ne s’était pas trompée. Elle avait sauvé la bonne personne. Lou Ann se rappela soudain qu’on devait l’attendre au campement et elle se leva en trombe. L’autre jeune femme en fit de même, un doux rire s’échappant de ses lèvres.

- Merci, de m’avoir sauvée la vie.

Lou Ann fut troublée par ce qui émanait d’elle. La magie rôdait sans aucun doute et pourtant, elle était là à lui sourire car une étrange sensation la berçait au milieu d’ondes positives provenant d’elle. Elle aurait dû s’enfuir comme dans toutes les situations où elle avait senti la magie rôder et pourtant elle était comme enchainée au regard vert émeraude que lui lançait la jeune femme. Elle lui répondit lui souriant de nouveau.

- Ne me remerciez pas. J’aurais fait ça pour n’importe qui.
- Si j’insiste. Vraiment. Je vous dois la vie et je vous en serai éternellement reconnaissante.
- Eternellement ? Vous ne trouvez pas que c’est un peu long ?
- Plus que vous ne croyez… Que puis-je faire pour un tant soit peu vous montrer ma gratitude ?
- On m’attend, je dois vraiment y aller.
- Laissez-moi vous accompagner alors ! Je vous en prie !

Elle aurait voulu dire non qu’elle n’aurait pas pu. Elle avait l’étrange impression qu’elle la croiserait de nouveau quel que soit ce qu’elle comptait faire. Et puis c’était l’occasion peut-être de savoir pourquoi elle avait été en danger. Elle l’intriguait tellement. Surtout que si elle l’accompagnait dans le convoi durant quelques temps, elle pourrait ainsi voir disparaitre la crainte de la penser de nouveau en mauvaise posture.

- Bon très bien j’accepte accompagne-moi. Je m’appelle Lou Ann. Ou Lou si tu préfères.
- Ravie d’avoir croisé ta route Lou Ann. Je me nomme Séledyn…



Séledyn
Lou Ann toussa des bulles de sang. Elle agonisait encore et toujours.
Séledyn.
C’est curieux comme les évènements de la vie peuvent se ressembler. Cette aventure qui se terminait ici avait un arrière goût de leur rencontre. Elles s’étaient rencontrées ainsi, leur chemin se séparaient d’une étrangement manière ressemblante.
Séledyn.
Si proche d’elle en ce lieu de combat mortel et pourtant impossible de savoir où sont corps se trouvait par rapport au sien. Elle ne pouvait déjà plus ouvrir ses paupières. De toute façon elle ne verrait que du noir, ses yeux étant alors incapables de capter la moindre lumière.
Séledyn.
Elle avait fait tout le chemin du retour en sa compagnie. Elle avait livré quelques secrets de sa vie, lui avait révélé certaines choses sur son peuple. Lou Ann l’avait encore plus trouvée étrange mais elle s’était attachée à elle comme on s’attache à une amie. Et puis elles s’étaient quittées sur la place de la ville. Séledyn lui avait offert une pierre, lui ordonnant de ne jamais la perdre sous aucun prétexte et elle lui avait promis que leurs routes se croiseraient encore bien des fois. Lou Ann savait que ce serait le cas. Elles s’étaient étreintes et Seledyn avait disparu dans la foule.
Séledyn.
Penser à autre chose pour oublier. Pour mourir en paix…

***

Elle volait. Une sensation de liberté l’assaillit alors que le ciel était à portée de bras. Elle passait d’arbre en arbre, de branches en branches. La petite fille de 5 ans retrouvée sur le seuil de la maison du forgeron avait bien grandi. A l’aube de ses dix-huit ans, elle était maintenant une jeune femme des plus ravissantes. Le vent provoqué par sa course dans les arbres faisait virevolter sa longue chevelure dorée avec légèreté. Même la mèche blanche qui d’ordinaire cachait la cicatrice sur son œil gauche glissait en arrière au gré du vent.
A l’approche d’un passage tendu, elle accéléra sa course pour prendre de l’élan et sauta. Suspendue au dessus du vide, on aurait pu croire que le temps s’était arrêté. Elle avait d’ailleurs encore plus la sensation de savoir voler. Un sourire étira ses lèvres, juste avant qu’elle n’attrape la grosse ramification un peu plus haute que toutes les autres. Elle se balança pour se hisser sur celle-ci et ainsi poursuivre sa course. Habile comme elle était, il ne lui fallut pas longtemps pour que de nouveau ses pieds reposent sur la solidité d’une branche. Un regard au sol et elle se remit à passer d’arbres en arbres. Bientôt, elle le savait, il n’y e aurait plus devant elle car, elle en était certaine, elle se dirigeait vers la clairière. Et là impossible d’atteindre la cime de l’arbre suivant. A moins bien sûr de savoir réellement voler. Elle n’avait pas vraiment réfléchi à ce qu’elle ferait à ce moment là. A vrai dire, passer d’arbres en arbres, de branches en branches, c’était tout ce qui importait. Toujours aller de l’avant, toujours plus loin, toujours plus vite. Comme si quelqu’un la suivait. Et pourtant…

Il ne fallait surtout pas qu’elle perde la cadence. Et pour l’instant elle était assez fière d’elle. Elle sentait tous ses muscles travailler à l’unisson pour lui permettre de suivre un rythme des plus soutenus. Elle gardait toute fois une certaine légèreté dans ses mouvements, lui faisant sans aucun risque survoler les obstacles tels de petites branches en travers de sa route.
De nouveau, le vide qui l’attendait dans quelques dizaines de mètres titilla son esprit. Elle ne savait vraiment pas ce qu’elle allait faire et pourtant elle ne voulait pas perdre à cette poursuite. Plus elle réfléchissait et plus elle perdait de l’avance car moins concentrée sur son objectif, elle ralentissait la cadence instaurée sans s’en rendre compte. Plus elle cherchait une solution et plus elle se rapprochait du précipice formé par la clairière. Elle n’était d’ailleurs plus qu’à une branche de la fin et à trop chercher elle ne pouvait plus freiner sa course sans risquer de basculer dans le vide et tomber au sol ou pire, se faire repérer et mourir bêtement. Une idée folle lui traversa l’esprit de façon fulgurante. Elle n’avait plus le temps de se poser la question de savoir si c’était une bonne idée. Elle n’avait plus d’autre choix que suivre son instinct, même si c’était complètement insensé.
Lou Ann scruta le sol, donna un coup d’accélération et lorsqu’elle posa le pied sur la dernière branche elle sauta dans le vide. Elle encocha une flèche à la vitesse de l’éclair. On aurait pu croire qu’elle n’avait même pas pris le temps de viser quand elle laissa partir la flèche au loin. Sans même regarder si ce trait meurtrier avait atteint sa cible, elle se prépara à toucher le sol là où elle l’avait décidé. A pied joint, elle atterrit sur l’une des personnes qu’elle poursuivait jambes pliées pour encaisser le choc que sa proie de pouvait pas emmagasiner. Le pauvre homme n’avait rien vu venir. Il avait assisté incrédule à la scène de son compagnon accroché par une flèche à l’arbre le plus proche de lui et n’avait même pas eu le temps de lever les yeux au ciel que Lou Ann lui était arrivée dessus, l’assommant. Alors qu’il s’était écroulé, elle avait roulé habilement au sol avant de se relever sur ses jambes comme si de rien était, un large sourire aux lèvres.

Un homme sorti de nulle part s’approcha de celui qui tentait désespérément de se décrocher de l’arbre et glissa la pointe de son épée contre son cou pour le dissuader de continuer. Puis, sans crier gare, il l’assomma avec une certaine indifférence et le décrocha, le laissant tomber au sol comme un vulgaire sac de patate. Plutôt grand, brun, musclé là où il faut mais pas trop, il émanait de lui un certain respect, celui de nombreux combats remportés. Et pourtant il ne semblait pas très âgé, tout au plus 20 ans. Lou Ann ne broncha pas à son arrivée, apparemment elle savait qu’il n’était pas loin. Le jeune homme risqua un coup d’œil à Lou Ann et son regard noisette presque or rencontra les yeux bleu électrique de la jeune femme.

- Lou Ann Pauline Eléonore Drow, vous êtes complètement folle !
- il le faut bien quand je traine avec toi.
- Je sais que ce n’est pas qu’en ma présence …
- Peut-être mais tu n’es pas là pour le vérifier…

Ils se regardèrent encore quelques instants avant de se mettre à rire. Le jeune homme tira le bandit qui était à ses pieds jusqu’à l’autre et l’empoigna également par le col. Il les traîna jusqu’à un arbre et les ficela à celui-ci bien fermement.

- Tu crois que des gardes ou miliciens passeront dans le coin et les trouveront ?
- Ne t’en fais pas pour eux. Je sais qu’ils passeront. Tu sais bien que ce n’est pas la première fois que je le fais. Quel beau cadeau nous leur faisons tu ne trouves pas ?

Lou Ann ne répondit même pas. La question n’attendait pas de réponse. Elle sourit, heureuse de s’être autant amusée. Elle se rappellerait longtemps de cette journée sans aucun doute.

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[Sinon un petit commentaire de votre part c'est pas de refus]

Dernière modification de Lou Ann, 22/11/2011 à 03h18 Raison: Suite of course !
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  #2  
Ancien 07/09/2011, 14h43
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Eh bien , très chère Lou .. que dire à part que j'attends la suite ? (:
J'aime beaucoup , j'attends de voir ce que ca donne ;D
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  #3  
Ancien 09/09/2011, 03h37
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Suite après les étoiles postée à point d'heure de la nuit o/
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  #4  
Ancien 09/09/2011, 06h18
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Encore!
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  #5  
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La suite, la suite, la suite !!! ^^

Plus sérieusement, j'ai tout lu comme promis et la fin laisse une envie de savoir ce qu'il va se passer. Allez, tu peux le faire
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car votre sang n’a pour seul désir que celui de m’obéir. »
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  #6  
Ancien 18/09/2011, 23h37
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Suite postée x 3 :3
(Après les avant avant dernières petites étoiles )

Alors d'abord, je sais ça va en démotiver plus d'un vu le pavé que je vous ai concocté. Je l'ai coupé en trois mais j'ai préféré tout vous balancer quand parce que pour moi ça ne fait qu'un bloc. Du coup vous fait comme vous voulez ^^

Sinon, commentaires toujours appréciés. Si vous voyez des incohérences ou des trucs qui vous chiffonnent je tenterait d'éclaircir ou alors verrais mon erreur et tenterais de la faire disparaître ^^

Si quelqu'un s'avise de me dire que ça lui plait pas, que c'est nul à ch*** et j'en passe, je lui répondrais qu'il est pas obligé de lire et que JMEF aussi :3

Bonne lecture !

Dernière modification de Lou Ann, 20/09/2011 à 12h05
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  #7  
Ancien 20/09/2011, 11h24
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Ah ouais! j'avais pas lu la suite moi.
Et pas fais de commentaires sur le premiers à ce que je vois.

Je trouve ça excellent, j'aimerais pouvoir décrire les situations comme tu le fais.
Continues! : )
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Merci Telou ça fait plaisir :')
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  #9  
Ancien 20/09/2011, 13h11
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Me remercie pas trop vite, je pourrais t'ennuyer pour faire les description entre deux pavés de dialogues un jour mdr xD
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Ancien 20/09/2011, 15h03
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Ah mais jamais ! je m'ennuie rarement même quand c'est de la description :3
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