Shakes & Fidget - France  
  #11  
Ancien 02/11/2015, 13h18
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Chapitre 10


Ils étaient prêts à partir. Plus aucune trace de leur passage excepté l'autel ne restaient sur les lieux de leur campement. Ylith avait particulièrement insisté pour que son œuvre demeure, et eut finalement l'accord de Strif et Ronan. Ce dernier lui promit de ne laisser personne toucher l'autel.

La route était peu peuplée, en vue de l'approche de l'hiver, ils ne croisèrent que quelques fermiers partis pour vendre leurs récoltes tardives à la capitale. Strif avait eu raison dans ses prévisions, ils arrivèrent peu avant la mi-journée au pied de la cité. A peine arrivés, les problèmes commencèrent, les gardes de l'entrée se montraient méfiants, et ne voulaient laisser passer un cortège elfe sur ordre du roi, en annonçant :

-Sur ordre de sa majesté Meridien second du nom, tout convoi elfique doit être stoppé et faire demi-tour.

Finalement, le roi eut pris connaissance de l'arrivée du convoi, ce qui risquait de rendre plus difficile la tâche si jamais ils avaient été repérés grâce à l'énergision.

-Mais nous ne sommes tous elfes, et mes compagnons sont des seigneurs sur leur territoire. Peut-être que sa majesté acceptera sous son toit des dirigeants aptes à lui faire changer d'avis à leur sujet. Intervint Ronan tout en glissant une bourse au creux de la main du'un des gardes et quelques paroles à l'oreille. Vous pourrez vous partager la somme lorsque nous franchirons à nouveau cet endroit.
-Très bien, mais tenez-vous tranquilles jusqu'au château, finit le garde, le sourire aux lèvres.

Ronan expliqua à ses compagnons qu'il avait rempli la bourse de fer doré, car il ne possédait pas le sou, et que les gardes ne s'en rendraient compte que trop tard. Ils eurent moins de problèmes pour rentrer dans l'enceinte du palais royal, et durent laisser aux palefreniers le soin de s'occuper de leurs chevaux et caravanes. Ils furent escortés jusqu'à la salle du trône ou attendait le jeune roi assis confortablement sur son trône de pierre polie. Il les accueillit en s'exclamant :

-Qu'est-ce qui ramène des elfes accompagnés de Ronan en ces lieux? Mon père pensait avoir été clair en vous interdisant de venir en ces lieux, Ronan. J'ai entendu parler d'elfes qui traversaient mon royaume en direction de ma capitale, alors que feu mon père siégeait encore sur ce maudit siège. Qu'est-ce qui vous amène, et qui êtes-vous pour avoir défié mon interdiction?

Ronan répondit à leur place :

-Il s'agit de Strif, Hott, Elin, Almer, et Ylith, la jeune humaine de passage en forêt. Ce sont les conseillers de leur peuple. Je les ai escortés après avoir entendu leurs raisons plus qu'importantes de venir devant vous, votre majesté.
-Une menace se lève à l'est, en Aldor. De sombres créatures se réveillent des terres d'Ombre, elles puisent leurs forces d'une magie noire qui prend de l'ampleur de jour en jour. Nous devons tous nous unir pour l'arrêter avant qu'elle ne nous tue tous ! Annonca Strif.

Le roi rit à pleine gorge avant de continuer :

-Je suis au courant qu'une menace rôde, mais voyez-vous, je n'ai pas à me préoccuper de traîtres et d'ennemis. Mes forces suffiront à protéger mon royaume, et je n'ai que faire de votre pitié.
-Fou que vous êtes ! Seul, votre royaume ne saura se défendre et est des plus exposé, vu votre proximité avec Ombre ! Il est temps d'arrêter nos querelles sans fond pour que l'ère de l'homme puisse continuer. Voyez cette fillette, même au royaume de Longvivant sa famille a été décimée par ces horreurs !
-Vous voyez, j'avais raison, ces elfes perdus dans leur forêt sont fous et montrent leurs liens avec nos ennemis en protégeant un des leurs, et en l'amenant dans mon château, le coupa le roi en s'adressant à un de ses gardes. Gardes, tuez les elfes et la fillette, et rappelez-moi que Ronan mérite quelques honneurs pour sa loyauté.
-Vous avez tort ! Vous mourrez tous, mortels ! S'exclama Strif.

Un garde le plaqua au mur à côté des autres conseillers elfes, pour tous leur trancher la gorge. Ylith, plaquée contre le torse d'un des gardes ne cilla point en regardant Strif mourir.

L'énergision et la vue normale se mélangeaient, elle vit quatre lueurs rouges quitter le corps des conseillers qui arrêtaient de s'agiter. Malgré les larmes, l'énergision lui donna une vue parfaite du corps de Strif qui tomba au sol, son âme légèrement blancheâtre rejoignant son corps à elle.
Tout s'écroulait, elle venait de perdre sa seconde famille, elle s'était attachée à cet homme, mais aussitôt ce dernier mourut de la main d'un autre homme. Elle n'avait plus de raison d'être, les hommes la dégoûtaient, mais elle devait venger la mort de Strif.
Dans un cri, elle se débattit, et sentit la prise sur elle se relâcher. Tout était sombre, et d'un coup tout s'illumina, son corps était en feu, des flammes en jaillirent pour faire brûler toute la garde du roi. Elle vit le roi s'enfuir, et Ronan le suivre tentant de l'aider. A ce moment une voix retentit dans sa tête, c'était Ronan :

-Sors par l'entrée, et vas aux écuries, tu devrais facilement trouver Harloi, mon cheval noir, il est plus grand que les autres. Il te conduira chez moi en sécurité. VA MAINTENANT !

La petite, encore sous le choc suivit ses instructions. Elle sortit en courant entre les agonisants et les gardes qui rentraient en se demandant ce qu'il s'était passé, entra dans les écuries mal éclairées en trombe, et repéra rapidement Harloi. Par chance, un palefrenier était en train de le rentrer dans un box, selle et harnais encore en place. La scène avait été tellement courte que tous les chevaux n'avaient pas encore été dessellés. Elle poussa le palefrenier et monta sur le dos du grand cheval noir. La bête, effrayée ou alors intelligente sortit de son box et des écuries au galop. La petite traversa la ville en quelques instants sous les regards ébahis des passants. Malgré le temps qu'ils avaient mis à faire ce chemin à l'aller, elle fut en un instant dans des écuries où attendait un enfant de son âge. Celui-ci fit stopper net l'animal, et demanda à Ylith de sauter du cheval. Elle s'exécuta sous le regard intrigué du garçon. Ce dernier lui dit de rentrer à l'intérieur de la maison de son père et de l'y attendre.

Une fois à l'intérieur, la fillette se calma en attendant le garçon. Celui-ci ne tarda pas, et entra discrètement, en jetant des regards méfiants à l'extérieur. Il s'adressa directement à elle :

- Bonjour, je suis le fils de Ronan. Mon père m'a dit que tu arriverais et que tu aurais surement faim et que tu serais fatiguée.
-Ton père est un traître ! Et toi tu es un fils de traître, alors je dois partir pour ne pas que le roi me tue.
-C'est faux ! S'énerva le garçon. Mon père n'est pas un traître ! Il va t'expliquer lui-même il m'a dit !

La voix de Ronan retentit une fois encore dans l'esprit d'Ylith :

-Je suis désolé, j'ai dû aider le roi pour éviter qu'il ait des soupçons envers moi. J'ai fait ça pour nous protéger, car il aurait directement envoyé des troupes chez moi, si je n'avais pas gagné sa confiance, et des gardes t'auraient attrapée.
-Tu vois ! Mon père n'est pas un traître, alors tu vas te calmer ! S'exclama le garçon.
-Tu l'as entendu toi aussi?
-Bien sûr, mon père me parle comme ça que quand c'est grave, et je l'entends toujours quand il parle aux autres comme ça.
-Mais personne ne peut faire ça ! Strif ne m'en a jamais parlé !
-C'est pas le moment de discuter me dit mon père, tu dois te reposer. Vas t'allonger dans ma chambre en haut de l'escalier, je vais te donner les restes du cerf qu'on a mangé hier pour quand tu te réveilleras. Papa dit que le reste de la journée va être long pour toi, et que tu ne tiendras pas si tu ne m'écoutes pas.
-J'en ai rien à faire ! Strif est mort, j'ai plus personne !
-ECOUTE-MOI ! Cria le garçon, si tu veux vivre il faut que tu m'écoutes.
-Tu as encore beaucoup de choses à faire, tu ne peux pas abandonner l'espoir de vivre maintenant. Va te reposer, je reviendrai avant le soir.

La fatigue magique et physique s'abattit sur Ylith aussi violemment qu'un coup de massue. Elle ne pouvait même plus protester ou même pleurer Strif. Elle suivit le garçon, et s'endormit dans un vrai lit pour la première fois depuis longtemps.
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Ancien 04/11/2015, 23h25
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CHAPITRE 11



L'agitation à l'étage inférieur réveilla Ylith. Elle se leva précipitamment, sur ses gardes. Elle traversa la chambre et ouvrit la porte doucement sans faire de bruit, et jeta un oeil à l'extérieur, elle vit Ronan s'approchant de la chambre. Elle ouvrit alors la porte en grand et furieuse, sauta sur l'homme en le frappant de toutes ses forces. Ronan prit un coup au niveau du buste, mais eut pu s'éloigner assez rapidement pour esquiver les autres. Sonné, il attrapa la fillette et la plaqua contre son torse en l'empêchant de bouger. Ylith s'écria :

-T'es qu'un menteur ! Strif et les autres sont morts par ta faute ! Traître !

Ronan la resserra son étreinte sur elle et lui répondit d'une voix puissante par la parole et la pensée :

-Ce qui est arrivé ne dépendait pas de moi. J'ai essayé de vous aider parce que votre cause me semblait juste, mais notre roi en a décidé autrement, alors que je ne pouvais pas anticiper cette réaction. Ce roi vient à peine d'être couronné, et je le pensais moins tyrannique que son père. J'ai été obligé d'aider le roi afin de gagner du temps pour pouvoir te cacher pour qu'il ne te tue pas. Si j'avais su, je ne vous aurais jamais emmené le voir, mais ce qui est mort ne peut revenir, et le passé est déjà écrit. On ne peut rien effacer.
-Mais je m'en fiche de vivre si Strif est mort. Je n'ai plus personne, ma famille a été tuée par ces monstres, je préfère mourir maintenant, geignit l'enfant.
-Ton heure n'est pas venue, tu as un rôle très important à jouer, Strif en était certain pour m'en avoir fait part, et je persiste à croire qu'il avait raison. Tu dois honorer sa mémoire et vivre pour sauver ce monde !
-Mais je ne veux pas !
-Tu as été choisie pour ça, et tu ne peux pas reculer. Ta vie à un sens, même si elle te semble trop difficile pour toi, et tu dois l'accepter. Si tu ne vis pas, tu vas priver celle de toute la population d'Aldor. Maintenant calme toi, j'ai encore bien des choses à te dire et un ami à te présenter.

Ronan déposa la fillette au sol et descendit l'escalier avec elle. Ylith s'était calmée, Ronan n'était pas un traître. Tout lui semblait ridiculement insignifiant, elle pouvait choisir entre la vie et la mort, et toute une population ne tenait qu'à ce choix. Elle pouvait être égoïste et en finir de suite, alors Aldor s'éteindrait. Elle avait en elle un sentiment de puissance inouï, alimenté par le fait qu'elle était dotée de la plus grande énergision existante. Elle pouvait défier la malice du destin, ou même devancer ce qui arriverait si elle se donnait la mort, cela pourrait montrer au monde son chagrin. Mais la raison ne lui laissa pas le choix, elle devait écouter Ronan, elle accepta de surmonter bien d'autres dangers et malheurs si elle pouvait sauver Aldor, et peut-être avoir une fin de vie tranquille.
Ils firent face à un homme armé d'un luth, attendant assis à côté du fils de Ronan et discutant avec lui, derrière la table située au centre de la pièce. Ronan invita l'enfant à s'asseoir, et commença les présentations :

-Erron, voici la petite, Ylith, voici Erron, mon ami barde. Tu vas partir avec lui pour ne pas que les gardes te retrouvent...
-Mais c'est un étranger, je ne peux pas ! Coupa Ylith.
-Tu vas très vite te familiariser avec lui, il a beaucoup de choses à t'apprendre, et c'est le seul qui puisse t'aider. D'ici peu, la garde débarquera chez moi, certains t'ont vu partir avec mon cheval. Avant de partir, je vais t'expliquer pourquoi et comment je peux communiquer à distance. Dans notre monde, il y a cinq signes qui guident nos sens. En fonction de l'alignement des étoiles, et donc de la période où l'on nait, l'un de nos cinq sens devient plus puissant que la normale. Cela a été oublié depuis des générations, les hommes se sont écartés de leur nature première, et c'est la cause pour laquelle tu n'en as jamais entendu parler. Le sens qui me caractérise est l'ouïe, je peux tout entendre, les moindres pensées de chacun, et mon maître qu'est Erron m'a entraîné à partager ma force de ce sens avec ceux qui m'intéressent, et c'est ce que j'ai fait avec toi. J'ai pu te faire entendre mes pensées, et me faire parvenir les tiennes. Tant que tu resteras avec lui, il t'aidera à améliorer ton sens et à mieux te comprendre, ainsi que ce qui t'entoure.
-Je vais aussi t'enseigner l'art de la musique et te permettre d'ouvrir tes sens et ton esprit. Je pense que cela te sera utile aussi bien pour le sens que pour l'énergision, et il s'agit d'un enseignement que seul un barde peut enseigner, annonça Erron d'une voix grave mais douce.
-J'aimerais bien ! Répondit Ylith, avec un imperceptible sourire.
-Avant que l'on fasse nos adieux à Ronan et Arion...
-Arion? Coupa Ylith tristement. Mon frère s'appelait Arion.
-Arion est mon fils, laisse Erron finir ce qu'il a à dire, le temps presse, petite.
-Avant que nous partions, il faut que tu me dises ton âge, pour savoir quel est ton sens, car dès notre départ l'enseignement débutera, et cela peut être utile à Ronan.
-J'ai dix étés, je suis née le jour même de la première lune de mon premier été.
-Très bien ! Une observatrice, j'en connais quelques-uns, et cela colle bien avec l'énergision !
-Même si je ne suis pas comme vous, vous pourrez m'entraîner? Demanda la petite, pleine d'espoir.
-Bien sûr, d'ailleurs nous allons commencer notre première leçon. Mais avant de partir, il va falloir saluer nos amis.

Les adieux furent brefs. Ylith se montra distante avec Arion, et ne déposa qu'une légère bise sur la joue de Ronan, alors qu'Erron et lui se firent une accolade chargée de respect mutuel. Erron était venu avec deux chevaux, sur demande de Ronan. Erron raconta à Ylith qu'il était de passage à Meridia, qu'il avait entendu qu'une personne importante l'y attendrait, et qu'il s'agissait d'elle, et une fois sur place Ronan l'appela et lui demanda de préparer deux chevaux et ses affaires pour quitter la ville.
La porte de la maison de Ronan se referma puis Ylith et Erron partirent à cheval sans perdre de temps.
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Ylith l'elfe nordique

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Ancien 09/11/2015, 14h59
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Chapitre 12



Ils passèrent la soirée dans une auberge miteuse, loin de la capitale. Selon Erron c'était un endroit sûr, personne n'irait les chercher ici, et l'aubergiste n'avait pas de sympathie envers le roi et les gardes. Ils logèrent dans la même pièce, une petite chambre au premier étage. La pièce n'avait pour seuls meubles qu'un lit et un chevet ; l'éclairage était faible et le bois sombre signifiait que l'auberge fut construite avant Meridia. Erron posa son luth contre le mur et ses affaires dans un coin de la pièce. Il s'adressa à Ylith :

-Avant de commencer les leçons, je vais t'exposer notre plan. Demain dès l'aube, à l'heure où le soleil se lèvera, nous partirons vers l'est, il y a une ville nommée Ales à une demi-journée de cheval. Nous irons acheter des provisions en premier lieu dans cette auberge, puis une fois arrivés à Ales, nous achèterons des vêtements et le strict nécessaire pour toi, il va falloir t'habiller de sorte que l'on ne puisse remarquer que tu n'es pas d'ici. Puis pendant les cinq ans à venir, nous parcourrons les villes de l'est et du sud de Meridion, en achetant nos repas et un gîte en chantant pour les tavernes et auberges. Tu devras devenir barde pour cela, et je t'enseignerais nos premiers chants communs sur la route demain. Lorsque tu en connaîtras assez, et si ta voix se trouve faite pour cet art, on pourra se séparer et acquérir de meilleurs moyens pour parvenir à nos fins. Dans cinq ans nous retournerons à Meridia chez Ronan ; d'ici là, il aura pu porter les nouvelles, et notre plan avec les elfes. Le Peuple, qui est notre ami saura quoi faire de ton pouvoir et te donnera alors une mission des plus importantes. Pour la suite, je ne pourrai pas t'accompagner. Pendant tout ce temps je ferai tout pour perfectionner ton sens.
-Mais quelle mission je vais avoir, que vais-je devoir faire ? Demanda Ylith, déconcertée.
-Si Strif avait raison, tu devras repousser le mal venant du pays d'Ombre. Tu as pu remarquer qu'une puissante force veut réduire Aldor en cendres. Je ne sais pas comment tu devras t'y prendre, mais Ronan te mettra au courant lorsqu'on le reverra. On ne sait pas si cela fonctionnera ni si tu resteras en vie lors de ta mission, mais tu es le seul espoir que nous connaissons.

Ylith sentit un fardeau immense se poser sur ses épaules. Elle s'inquiéta du fait que la mort la guettait plus tôt que prévu et qu'elle n'aurait sans doute jamais plus de famille. L'homme l'apaisa en la serrant contre lui. Elle lui dit alors :

-Commençons les leçons maintenant, Erron.
-Très bien, répondit le barde. Comme tu le sais, nous avons cinq sens, et tu es une observatrice, donc ton principal sens est la vue. Elle peut servir à des fins médicinales, par exemple en analysant des blessures pour savoir quel traitement exact elles nécessitent, mais aussi à la chasse ou la garde en te permettant de voir ce qui t'intéresse, comme un gibier caché dans un buisson, ou simplement à pouvoir voir et mémoriser chaque détail visuel de ce qui t'entoure. Elle peut avoir d'autres avantages, mais je ne les connais pas, et seule toi peux les découvrir.
-C'est tout ? Fit l'enfant, pressée de maîtriser son sens.
-Ce n'est qu'une présentation globale de ton sens, nous allons approfondir au fur et à mesure que tu t'amélioreras. Commençons. Tu dois faire le vide dans tes pensées, te concentrer sur le flux entre tes yeux et ton cerveau. Respire profondément et laisse la paix t'envahir. Ne fixe rien avec tes yeux.

La petite s'assit en tailleur et respira à grandes inspirations. Elle se détacha de ce qui l'entourait par ses autres sens. Son regard se perdit dans le vide.

-Bien, maintenant, imagine que tu mettes toute ton énergie et non énergision dans tes yeux. Ne fais surtout pas appel à tes pouvoirs d'énergision. Nous allons commencer par un exercice simple : regarde par la fenêtre et dis-moi de quelle couleur sont les chevaux dans les écuries. Pas les nôtres, mais ceux des autres clients, et donne-moi leur nombre ainsi que chaque détail de leur robe, de leur crinière.

Ylith sentit une pression s'exercer sur ses yeux, elle l'ignora. Elle regarda par la fenêtre. Il faisait noir à l'extérieur. Elle imagina de nouveau qu'un flux d'énergie se dirigeait vers ses yeux. La pression fit plus forte, mais pas assez pour la déconcentrer. Elle vit les écuries s'éclairer d'une lumière pâle et faible dans le centre de sa vision. Elle compta cinq chevaux, mais ne put dire leur couleur.
-Je vois cinq chevaux, mais je n'arrive pas à voir leur couleur, tout est pâle.
Bien, déjà tu peux éclaircir ta vision. Réessaye, et imagine-toi que des couleurs prennent le même chemin que le flux d'énergie entre ton cerveau et tes yeux.

Elle obtempéra, et de pâles couleurs s'offrirent à sa vue à l'extérieur. Il y avait trois chevaux bais, un gris, et le dernier était trop loin pur qu'elle puisse voir sa couleur distinctement.

-Il y a trois bai et un gris, je n'arrive pas à voir la couleur du dernier.
Excellent ! S'exclama Erron. Tu commences très bien. Maintenant imagine que l'énergie dans tes yeux sorte de ceux-ci pour se coller à la fenêtre.

Cela prit plusieurs secondes, mais elle put observer comme à travers une loupe les écuries. Dans un même temps, la pression commença à devenir de plus en plus douloureuse, et elle ne put voir la couleur du dernier cheval avant de tout arrêter. Elle se frotta les yeux, la douleur s'en allait lentement, mais elle se sentit très fatiguée.

-Tu as mal ?
-Oui, comme si on m'appuyait sur les yeux, et je suis fatiguée.
-C'est normal, tu ne peux pas faire mieux pour le moment. Va te reposer, ça ira mieux à ton réveil. On reprendra l'exercice demain, en t'entraînant la douleur disparaîtra. Je vais dormir sur le sol, ne t'en fais pas pour moi j'ai l'habitude. Repose-toi bien.

Ylith fut trop fatiguée pour poser des questions et elle s'endormit d'une traite.

Comme prévu ils partirent au lever du soleil. Ylith se sentit agréablement bien, et Erron entama leur voyage en apprenant son premier chant à Ylith. Il s'agissait d'un chant triste nommé « Le guerrier d'obscure ».


Il naquit dans une blanche campagne,
Seul, entouré d'ombres,
Un froid matin d'hiver,
Il dut se battre pour la vie.

C'est haut comme deux pommes que son destin prit vie,
Il n'eut jamais connu aucune famille,
Le fer ne fut que son seul compagnon,
C'est par le fer qu'il vécut, mais aussi qu'il mourut.

Tout commença au royaume d'Obscure,
Encore et encore il se battit,
Les ombres ne connaissaient le répit,
Mais sa bataille n'avait de fin.

C'est haut comme deux pommes que son destin prit vie,
Il n'eut jamais connu aucune famille,
Le fer ne fut que son seul compagnon,
C'est par le fer qu'il vécut, mais aussi qu'il mourut.

Arrivé au cœur des terres obscures,
Seul contre le mal, il ne cilla,
Acceptant son destin unique, pour le bien de tous
Il mourut en tuant le mal.
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Ylith l'elfe nordique

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Ancien 28/12/2015, 19h08
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Quelques petits soucis IRL en ce moment, du coup ça n'avance plus beaucoup et j'avais complètement oublié ce post à vrai dire !

Chapitre 13



Il restait peu de temps avant leur départ vers la ferme de Ronan. Chacun ne voulait pas en parler, ils avaient vécu pas loin de cinq étés ensembles à voyager et chanter pour se loger. Pendant ce temps, Ylith put s'habituer aux villes et paysages de l'Est de Méridion. Elle connaissait chaque route, chaque auberge, elle avait même fini par se faire des connaissances les derniers temps. Les avis de recherches indiquaient son portait, mais son bref passage à Meridia n'avait pas permis des traits fidèles à sa personne. Elle avait grandi, son visage n'était plus le même que sur les portraits. Il semblait plus touché par des origines elfiques qu'avant, la cause était l'énergision, qui conférait des traits plus fins qu'un humain normal. Mais avec le voyage, sa peau s'était hâlée, ce qui lui permettait de mieux cacher ses liens avec l'énergision et les elfes.

Elle était presque une femme faite, alors qu’Erron commençait à prendre de l'âge. Pourtant il demeurait en lui une force et vigueur que beaucoup pouvaient lui envier. Ylith avait aussi pris du muscle avec les entraînements à l'épée. Erron lui avait appris, en plus du sens, le maniement des armes. Elle s'était vite rendue compte grâce à son agilité que son arme de prédilection était la double lame. Elle s'était procurée pour l'entraînement, avec son argent gagné en chantant, une lame courte et large, aussi longue que son avant-bras, et une plus longue de deux mains, mais plus légère et courbée, semblable aux sabres utilisés chez les Elinois, peuple habitant sur un continent à l'est d'Aldor. En plus de son sens qui s'était grandement amélioré, sa voix était devenue celle d'une barde de renom, elle s'était fait une grande réputation, proche de celle d'Erron dans tout l'est. Ils avaient espéré qu'aucune rumeur à leur sujet n'atteignent la capitale ni les villes avoisinantes afin qu'Ylith reste en sécurité et que le roi n'envoie pas de troupes inspecter sur son identité.

Ylith et Erron ne chantèrent pas séparément ce soir-là, comme la veille ils avaient déjà assez d'argent pour se loger dans le même établissement, mais un petit complément n'était pas de refus, et ils préféraient passer du temps ensemble tant qu'ils le pouvaient avant d'être séparés pour la quête d'Ylith, un lien d'amitié et de respect mutuel s'était créé entre eux au cours de leurs voyages. Ils entamèrent "Le guerrier d'Obscure" en cœur avec les autres occupants de l'auberge. Ylith vit à travers la fenêtre des gardes se poster à l'extérieur du bâtiment, armés de torches, la main restant sur le pommeau de leurs épées. Elle prit la main d'Erron dans la sienne et lui transmit sa vue alors qu'ils chantaient. Erron lui annonça, avec son sens :

-C'est étrange, ce sont les mêmes depuis hier soir, ils nous suivent.
-Cette fois ils ne se contentent pas de boire un coup en nous observant dans un coin de la pièce. Ils ne veulent pas que quelqu'un s'échappe. Ils n'étaient que deux hier, là ils sont une demi-douzaine. C'est étrange, j'ai l'impression d'avoir déjà vu l'un des gardes.
-Croisons les doigts pour ne pas qu'il s'agisse de nous, ne montre pas que tu leur prête attention.

Deux gardes rentrèrent dans l'établissement l'air sérieux. Ils discutèrent avec l'aubergiste quelques instants et s'approchèrent méfiants des deux bardes.


-Ils ont demandé à l'aubergiste qui on était, dit Erron par pensée. Il nous connats bien et nous apprécie, pourtant il n'a pas hésité à donner nos noms. J'ai pu entendre qu'il avait passé un contrat avec les gardes.
-Ca sent mauvais, on doit se préparer à fuir. On ne doit pas créer de combat sinon on peut être sûr que nous ne passerons pas inaperçu si jamais on réussit à s'échapper.
-Tu as tes armes à portée de main?
-Non, j'ai laissé mon sabre à l'étage, je n'ai que ma lame courte accrochée dans mon dos.
-J'ai mon épée à côté de moi, si ça s'annonce mal, fuyons par derrière.
-Il y a un garde, mais la porte n'a pas été barricadée ni fermée, lui répondit Ylith après avoir usé son sens pour regarder à travers la porte. Nos chevaux sont encore attachés, le palefrenier ne s'en est pas encore occupé, il discute avec le garde à l'arrière.
-Très bien...

Les deux gardes plus qu'à quelques pas d'eux leur annoncèrent :

-Sur ordre du roi, Ylith l'elfe et tous ses compagnons doivent être arrêtés.

Ils n'eurent pas le temps de finir, Ylith et Erron, entraînés à cette éventualité tout le long de leur voyage, longèrent le mur du fond en courant et ouvrirent la porte qui s'offrait à eux. Le garde posté à l'extérieur les regarda courir en direction de leurs chevaux, ébahi. Ils eurent le temps de se mettre en selle et de sortir de l'autre côté des écuries à cheval lorsqu'ils entendirent des cris retentir derrière eux.

-Ils ont des archers ! Cria Erron, inquiet.
-On sera bientôt hors de portée, on doit faire au plus vite possible, ils sont en train de ...

Le sens d'Ylith lui fit voir au ralenti une flèche décochée voler de plus en plus près d'eux, puis une seconde. Elle avait été visée, mais ils s'étaient légèrement déportés sur le côté au moment où les flèches étaient tirées. Les flèches se rapprochaient dangereusement d'eux. Elle se pencha pour pousser Erron en lui criant de se décaler. Il eut à peine le temps de tourner la tête pour voir l'effroi d'Ylith. Une des deux flèches se ficha dans son bras, proche de l'épaule, l'autre manqua Erron de peu. Erron lâcha les rennes de son bras blessé, et cria :

-Ne te préoccupe pas de moi, on s'arrêtera plus tard quand on sera sûrs qu'ils ne pourront pas nous suivre. On a de la chance, les collines et la nuit tombante vont nous permettre de fuir efficacement.
-Tu tiendras le coup?
-Je crois, oui, je ne perdrai pas beaucoup de sang tant que la flèche restera telle qu'elle est dans la blessure. Ellene s'est pas cassée. J'ai un mal de chien, mais je vais pouvoir continuer jusqu'à l'aube s'il le faut.
-Les gardes ne nous suivent pas, ils n'ont pas eu le temps de tous se rejoindre, ils ne disposaient que de deux chevaux, ceux des gardes d'hier, mais ils ne sont pas taillés pour la course, contrairement aux nôtres. Ils sont hors de vue, heureusement que les deux chevaux appartenaient aux deux gardes royaux. Les gardes locaux n'étaient que les quatre épéistes, les deux autres n'avaient pas le temps de monter vu qu'ils tiraient, et leur armure était trop lourde pour qu'ils aient une chance de nous suivre.
-Il va falloir ruser, car ils vont tenter de nous pister dès que le jour leur permettra. On s'arrêtera quand les chevaux n'auront plus assez de forces pour continuer. On est partis par l'est, il va falloir faire une fausse piste vers l'est et prendre au Nord. Une rivière court le long de cette route, continuons encore quelques moments notre route vers l'est, puis faisons demi-tour dans la rivière, on va la remonter assez de temps pour qu'ils aient du mal à s'apercevoir qu'on a remonté la rivière à contresens. Puis on ira vers le nord, à la ville la plus proche, en comptant une pause, on y sera peu après le lever du soleil. J'ai un très bon ami là-bas, il pourra te forger une nouvelle lame et nous accueillir le temps qu'on mette au point un plan efficace.

Erron semblait se fatiguer de plus en plus à cause de sa blessure, mais il refusa de s'arrêter si tôt. Ils devaient s'en tenir à ce qu'ils avaient prévu plus tôt. Ils passèrent une grande partie de la nuit à fuir, puis ils s’arrêtèrent quelques heures avant le lever du soleil dans un bosquet isolé. Ils ne restèrent que le temps nécessaire pour que les chevaux récupèrent et soient prêts à repartir de plus belle.


Il ne leur restait plus beaucoup de temps avant d'atteindre la ville la plus proche, le soleil commençait à se lever et Ylith pouvait apercevoir un amas de maisons en pierres. La ville se situait sur un plateau, le terrain totalement plat était trompeur, la ville était plus grande et vielle qu'elle ne laissait paraître. Elle s'étendait comme une flaque d'eau, large mais peu haute, des vestiges de murailles la contournaient. Lorsqu'Ylith se tourna vers Erron pour voir s'il allait bien, elle le vit couché sur son cheval, le bras ballants.

-Erron ! Cria-t-elle en s'approchant de son compagnon, inquiète.
-Ne t'en fais pas, j'ai un ami dans Cilyrca qui pourra nous aider, dit Erron en tentant de se redresser. Les gardes ne sont pas au courant de qui nous sommes, ils ne te reconnaîtront pas et nous laisseront passer si tu leur annonce que tu viens ramener un coursier du forgeron Aldur. C'est un homme populaire là-bas, il a assez rendu service aux gardes pour ne pas qu'ils se doutent de quoi que ce soit.
-Mais tu ne peux pas continuer de chevaucher, tu perds trop de sang, tu vas finir par mourir !
-Non, ce qui me fait tant souffrir n'est que le poison qui enduisait la flèche que je me suis pris.
-Ils avaient préparé leur coup, lâcha Ylith.
-On ne doit pas perdre de temps, une fois arrivés, demande aux gardes la direction pour aller chez le forgeron, ils ne doivent surtout pas nous accompagner.

Ils arrivèrent peu de temps plus tard à une des portes de la ville. Erron virait au blanc, sa monture ne faisait que de suivre celle d'Ylith. Elle devait se dépêcher où il risquait de mourir. Les gardes les arrêtèrent, méfiants :

-Que font une demoiselle et un mort à cheval dans cette région?
-J'ai trouvé cet homme sur ma route, je comptais me rendre chez Aldur le forgeron pour une commande, et il s'est avéré que cet homme est un de ses coursiers, il m'a demandé de le ramener chez son employeur.
-On doit vérifier que vous n'êtes pas des brigands, vous représentez l'archétype des malfrats cherchant à mettre à sac une quelconque boutique de la ville une fois les torches éteintes.
-Cet homme va mourir, il perd tout son sang. Il n'est pas capable de chevaucher, alors quel mal pensez-vous qu'il soit cabale de faire?

Les gardes la regardèrent, perplexes :

-Je ne me souvenais pas qu'Aldur ait un coursier d'un tel âge.
-Il vous suffira de vérifier auprès de lui que cet homme est son coursier. M'est avis qu'il n'appréciera pas que vous ayez laissé mourir un de ses serviteurs.
-Très bien, on vous laisse passer, je ne veux pas de problèmes avec notre bienfaiteur ! Répondit l'un des gardes, l'air grave.
-Pouvez-vous m'indiquer où trouver Aldur?
-Chez lui, dans la prochaine rue à gauche une fois que vous serez arrivés à la grand rue, tout droit. Vous remarquerez l'enseigne à son nom.

Ylith partit sans demander son reste. La rue indiquée était proche de l'entrée de la ville par laquelle elle était arrivée. Elle vit une enseigne "L'enclume d'Aldur" à l'extrémité de la rue. Il s'agissait d'un grand bâtiment, contrairement au reste des constructions de la ville. Elle s'arrêta devant, un homme massif en sortit aussitôt, l'air inquiet. Il s'adressa directement à Ylith :

-Emmenez les chevaux dans les écuries, passez par la grande porte à côté de ma boutique, je m'occupe de lui, rejoignez-moi aussi vite que possible à l'intérieur par la porte de derrière.
-Très bien, je suppose qu'Erron vous as mis au courant de sa venue pour observer un tel empressement de votre part, s'enquit Ylith.
-Ne prononcez pas son nom ici ! On pourrait nous entendre. Priez pour que le voisinage soit encore endormi. Dépêchez-vous ! Lui intima l'homme.

Ylith s'exécuta, elle rentra dans les écuries du forgeron et referma la grande porte derrière elle. Une fois les chevaux attachés et déssellés, elle entra dans la forge, une voix retentit lui indiquant de monter à l'étage. En haut des escaliers, elle vit une porte ouverte, Aldur l'y attendait assis au chevet d'Erron. En entrant dans la pièce, elle croisa la femme du forgeron qui lui sourit d'un air grave. Aldur lui annonça :

-Assieds-toi ici, Erron m'a dit que tu m'expliquerais ce qu'il se passe depuis les cinq dernières années avant de s'évanouir à nouveau, pendant que ma femme s'occupe de lui. Elle sait quel poison est en lui, on n'est pas sûrs qu'il tiendra, alors dépêchons-nous avant son prochain réveil, nous pourrons ainsi prévoir un plan.

Ylith ne perdit pas de temps et commença son récit, la voix tremblante à l'idée de perdre un autre être cher.
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Ancien 26/05/2016, 23h09
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/!\ Pavé César ! Après tout ce temps j'ai retrouvé la motivation d'écrire et ça avance à grands pas. Les chapitres sont d'un plus grand format ! Il peut y avoir quelques incohérences avec le chapitre précédent ou d'autres choses qui ont été dites car j'ai quelque peu modifié certaines parties antérieures à ce chapitre. Je corrigerais ici quand j'aurais fini de tout bien refaire

Chapitre 14

Une fois terminé, Aldur apporta une infusion à Ylith, la gorge sèche après un long monologue.

- Il ne se réveillera pas de suite, son corps est trop fatigué et le poison gagne du terrain. Ellana va lui administrer un antidote, mais il faut espérer que le poison ne se soit pas trop répandu.
- Il a quand même des chances de s’en sortir ? demanda Ylith avec pitié.
- Je ne veux pas te donner de faux espoirs alors ne t’attends pas à un miracle, ayant travaillé quelques temps lors de ma jeunesse dans la garde royale j’ai vu ce poison à l’œuvre trop de fois pour me permettre de dire qu’un homme de son âge a beaucoup de chances de s’en sortir.

Ylith sentit une grande douleur monter en elle en même temps que son esprit commençait à s’embuer. Alors qu’Ellana rentra dans la pièce avec un flacon empli d’une mixture brunâtre, Aldur vit la jeune femme résister au sommeil et lui dit :

- Tu vas te reposer, tu en as bien besoin, ce sera le seul répit que je vais pouvoir t’accorder, si votre fausse piste a fonctionné tu devrais avoir la moitié de la journée devant toi, les gardes d’ici me sont loyaux je vais les prévenir afin qu’au moindre souci te concernant j’en sois avisé à l’avance et que nous ayons le temps te retenir les gardes royaux pendant que tu t’enfuis. Ellana te réveillera lorsqu’Erron sera revenu à lui.
- Mais vous m’endormez sans ma permission ! De quel droit…
- Ne proteste pas, la coupa-t-il, je comprends que tu veuilles rester au chevet d’Erron mais tu ne peux rien pour lui et la meilleure des choses à faire pour toi c’est de reprendre des forces, seul Dün sait ce qui va t’attendre en dehors d’ici. Nous allons rassembler des vivres et ce dont tu auras besoin pour ton voyage.

Sur ces mots malgré toute résistance, Ylith s’enfonça dans un sommeil sans rêves.

***

Lorsqu’elle ouvrit les yeux elle se trouvait dans un grand lit, plusieurs couettes au-dessus d’elle. La lumière de l’extérieur traversait les rideaux, indiquant que la journée était bien entamée, elle avait dû dormir quelques heures mais pas assez pour dépasser la mi-journée. Elle posa ses pieds sur le plancher, ce qui le fit craquer, elle entendit alors des pas se rapprocher de sa porte, elle jeta un rapide coup d’œil à la pièce pour chercher son arme, elle la vit posée dans son fourreau sur une table près du lit. Elle la dégaina et se rapprocha de la porte à pas de loups. Celle-ci s’ouvrit sur une femme rondouillette du même âge qu’Erron avec des cheveux blonds et frisés en queue de cheval. Elle était vêtue d’un simple chemisier blanc et d’une jupe longue plus longue, la femme tenait une assiette pleine et des couverts dans ses mains. Elle ne paraissait pas être une menace, alors Ylith baissa sa garde. La femme n’avait pas été impressionnée de la voir la lame prête à l’attaquer, elle lui annonça :

- L’infusion à bientôt fini de faire effet, en temps normal tu aurais dû perdre de ta vigilance mais tu es plus coriace que tu en as l’air. Viens avec moi, Erron vient de se réveiller, Aldur n’a pas encore fini de te préparer des affaire.

Ylith sentit les souvenirs lui revenir, Erron, Aldur…la femme était Ellana, elle n’avait guère prêté attention à elle depuis son arrivée chez Aldur, obnubilée par la blessure d’Erron et leur fuite soudaine après tant d’années de répit. Avec les effets de l’infusion qui diminuèrent, ses sentiments revinrent au-devant de son esprit, c’est alors qu’elle sentit une grande douleur prendre possession de son être, elle la refusait, elle ne la connaissait que trop bien et elle voulait à tout prix s’en débarrasser. Mais elle n’y arrivait pas. Erron gisait, blanchâtre sur le canapé au milieu de la pièce, les yeux ouverts. A l’entrée des deux femmes dans la pièce il tourna la tête vers elles et annonça d’une voix rauque :

- Ellana, peux-tu chercher ton mari, j’ai besoin qu’il soit là pour qu’on discute ensemble.
- Oui, je vais vous laisser seuls un instant, répondit Ellana, compréhensive.
- Assieds-toi ma petite et mange pendant que c’est encore chaud.

Yith lui obéit sans broncher et commença à se sustenter alors qu’Erron continua :

- Je n’ai plus beaucoup de temps et toi tu en auras besoin, retrouve Ronan dans sa ferme, comme prévu. Aldur et sa femme ne pourront pas t’aider pendant ton trajet, tu dois n’être qu’un passage dans leur vie, ils n’ont rien à voir avec tout cela et nous les avons assez mis en danger comme ça. Tu vas voyager seule, tu en auras pour plusieurs journées à cheval pour arriver chez Ronan. Lui t’accompagnera pour la suite, tu as beau avoir grandi, le monde ne peut quand même pas ne se reposer que sur tes seules épaules.

Elle avala d’un trait sa bouchée avant de répliquer les larmes aux yeux :

- Mais il ne me connaît pas aussi bien que toi, ça ne sera pas pareil. Je suis tellement fatiguée, mon destin est lié à l’avenir des hommes alors que je n’ai rien demandé. A chaque fois que je m’attache à quelqu’un je le perds et je dois créer de nouveaux liens, je ne suis même pas sûre que les nouvelles personnes à qui je m’attache tiendront longtemps à la mort qui est semée autour de moi. Je vais finir par devenir folle à suivre un chemin dont la seule chose connue est la mort. Je ne sais pas où je vais et ce que je dois faire, ni comment accéder au bonheur. Rien d’heureux ne perdure dans ma vie, je n’arrive plus à supporter ça et te voir mourir aujourd’hui n’est qu’un couteau en plus qui s’enfonce dans mon être déjà trop meurtri.
- Le bonheur tu le connaîtras, pas pour toute une vie mais par fragments, comme tu as pu le vivre en étant petite avec ta famille ou avec moi pendant ces cinq années. Tu finiras par comprendre que le bonheur n’est autre que les moments simples que tu passes avec les gens que tu aimes, ce n’est pas une plaine infinie qui s’oppose à toi. Même la personne la plus heureuse compte des moments de tristesse et de solitude au cours de sa vie. J’aurais aimé être là pour toi encore toutes ces années mais le destin en a voulu autrement. Je ne regrette aucun moment passé avec toi et je suis sûr qu’il en va de même pour toi.
Aldur et sa femme entrèrent dans la pièce sur ces mots, les bras chargés de sacs contenant sans doute des provisions pour Ylith. Ils les posèrent dans un coin de la pièce sans un mot et s’approchèrent d’Ylith et Erron. La jeune femme continua son repas alors qu’Aldur s’adressa à elle :

- Presque tout est prêt, deux sacs de nourriture t’attendent, tu devrais avoir de quoi manger pour aller jusque chez Ronan. Je t’ai préparé une couverture pour ne pas que tu meures de froid au dehors. Tu prendras sortiras de la ville par le nord et tu prendras la route vers l’ouest au premier croisement.
- Tu n’auras qu’à aller tout droit par la suite, le chemin vers la capitale est simple à partir d’ici mais tu vas devoir longer les routes à distance et te cacher dans les bois dès que tu peux tout en gardant le cap, dit Erron toujours plus faible.
- Les gardes royaux ont vu ton visage, Ylith, ils te reconnaîtront sans mal s’ils te voient et je ne serais pas étonnée qu’ils fassent appel à des coursiers pour te trouver et annoncer ta position aux villes sur ton passage, continua Ellana, mais surtout j’ai peur qu’ils fassent appel à des mercenaires en les alléchant avec une bonne somme, plus ils seront à te poursuivre, plus facile pour eux sera la traque.
- Le roi risque d’être rapidement mis au courant, il va envoyer ses gardes royaux dans toutes les villes. La plupart sont des archers mais ils maîtrisent aussi l’épée et le bouclier, ils sont l’élite de la garde, si tu les rencontre, ne les sous-estime pas.

Au moment où Ylith acquiesça à ce conseil d’Aldur on frappa à sa porte. Le temps fut suspendu un instant et Aldur courut vers la porte d’entrée. Ellana prit les provisions et ordonna à Ylith de récupérer un sabre dans l’entrepôt qui se situait sur son chemin pour sortit par derrière, après avoir fait ses adieux à Erron. Ylith le serra dans ses bras et lui déposa un baiser sur le font.

- Prends soin de toi ma petite, tu vas y arriver, ne t’en fais pas.
- Adieu Erron, tu as été mon père pendant tant de temps, jamais je ne pardonnerais ce qu’on t’a fait. Si tu croise ma famille et Strif dans l’au-delà, annonce-leur que je vais tout faire pour changer ce monde.

Ylith sortit de la pièce les larmes aux yeux et la mort dans l’âme, elle ne pourrait même pas assister à la mort d’Erron. Elle n’acceptait toujours pas qu’il puisse mourir, c’en était trop, elle se jura de s’acharner sur le destin plutôt que l‘inverse.

Elle descendit les escaliers et vit Aldur qui discutait avec un des gardes qu’elle avait croisé derrière la porte entrouverte. En se déplaçant discrètement pour ne pas se faire remarquer tout en écoutant, elle l’entendit dire : « Tim les a mis sur une fausse piste mais ils ont commencé à placarder la ville avec des avis de recherche à mille écus pour la tête de la fille, la nouvelle se répand à grande allure» avant de prendre la porte derrière le comptoir du forgeron. Un sabre dans son fourreau était posé à même le sol juste devant la porte de sortie. Ylith s’en empara et ouvrit la porte, son cheval l’attendait, les provisions attachées à la selle à côté d’Ellena, le tenant par les rênes. Elle les tendit à Ylith qui les prit d’une main, l’autre tenant fermement le sabre, et se contenta d’un : « fais bonne route, adieu. », auquel Ylith ne répondit que par un hochement de tête, le regard dans le vide.


Le portail à l’arrière des écuries d’Aldur était grand ouvert, Ylith passa par l’ouverture sans demander son reste. Elle se trouvait à un embranchement, à droite se trouvait la grande rue, devant elle se trouvait un pâté de maisons et à gauche un second embranchement, elle espérait longer la grande rue par la gauche afin d’éviter les gardes s’il y en avait et arriver à la porte nord de la ville comme lui avait suggéré Aldur. Elle fonça dans les ruelles étroites avec la peur que son cheval ne glisse ou se casse une patte à cause des pavés. Elle qui voulait forcer le destin plus tôt se sentait à cet instant toute petite en espérant que celui-ci lui accorde pour une fois sa faveur. Elle vit un instant à l’autre bout d’une ruelle menant vers la rue principale deux gardes avec les blasons de la garde royale, il s’agissait certainement de ceux qu’elle avait rencontrés la veille. Ils ne l’avaient pas remarquée et cette simple idée la conforta dans son idée de partir au plus vite sans se faire remarquer. Tout en continuant elle espérait tomber sur un convoi marchand parmi lequel se fondre pour sortir de la ville, toute la garde devait être au courant qu’elle était recherchée, et ce avec une prime à la clef, Aldur ne pouvait désormais plus l’aider malgré son influence face à une garde royale décidée et prête à payer pour sa capture.

La rue où elle se situait rejoignait la rue principale, la porte nord de la ville ne devait plus être très loin, elle continua sa route sans voir de gardes derrière elle. Elle arriva enfin à la sortie de la ville, aucune caravane marchande, personne ne sortant de la ville avec qui passer, seuls deux gardes croisant leurs hallebardes pour lui bloquer le passage et des passants ne faisant aucunement attention à elle, se massant autour d’un avis de recherche arborant des traits proches des siens. Elle s’arrêta devant les gardes tout en restant sur sa monture.

- Halte là ! Ordonna l’un d’entre eux, on recherche une jeune femme et on nous a dit qu’elle était accompagnée d’un vieillard.
- Vous voyez un vieil homme avec moi ? Dans ce cas laissez-moi passer !
- Je ne vous ai jamais vu ici et vous avez l’air pressée, je serais prêt à parier qu’on pourra tirer une belle somme avec votre tête, dit l’autre, menaçant. Vous ressemblez presque à la fille de l’affiche.

Pleins de mensonges traversèrent l’esprit d’Ylith. Elle n’arriverait pas à se faire passer encore une fois pour une coursière d’Aldur, mais un semi-mensonge semblerait peut-être assez crédible à première vue pour avoir le temps de réagir. Les villageois ne pouvaient que la voir de dos, ils ne pouvaient pas l’identifier. Tout en utilisant l’énergision pour faire pousser des racines hors du sol afin de bloquer les pieds du garde de droite, elle leur répondit :

- Je suis venue chercher une lame chez le forgeron Aldur pour mon maître, je suis arrivée tôt en ville ce matin pour l’avoir au plus vite, vous n’avez qu’à vérifier la signature sur la lame, mon maître a payé cher pour en avoir une d’une telle facture et si rapidement que je n’ai pas de temps à perdre avec vous alors regardez !

Elle tendit la lame dans son fourreau au garde de gauche, et lorsque celui-ci s’approcha elle le frappa de toutes ses forces pour l’assommer. Elle appuya sur ses talons afin de faire partir son cheval, l’autre garde, hébété mit un temps d’arrêt devant la rapidité de l’action et du départ de la jeune elfe, puis se reprit et tomba, les jambes bloquées par les racines. Il hurla à l’aide de concert avec les passants alentours pour alerter la garde. Ylith savait qu’elle allait être vite poursuivie, mais elle allait se tenir au plan prévu plus tôt.

Sa route la mena en haut d’une colline, c’était un atout idéal une fois de l’autre côté, elle n’avait pas encore vu de poursuivants alors qu’elle entamait la descente, elle serait hors de leur champ de vision et pourrait changer de direction sans qu’ils ne puissent la voir au loin ni couper à travers champs pour la rattraper. Au croisement qu’Aldur lui avait indiqué elle prit à l’ouest comme convenu, elle resta sur la route juste assez pour garder de l’avance, le temps que d’éventuels poursuivants arrivent en haut de la colline qu’elle avait traversée, puis elle s’en écarta pour passer entre deux collines a peine assez grandes pour la dissimuler tout en continuant vers l’ouest. Ses poursuivants allaient devoir se séparer au carrefour précédent, le chemin était très utilisé au u des nombreuses marques de sabots, ils perdraient trop de temps à chercher ses traces à elle parmi les autres. Cela allait diminuer le nombre de personnes à affronter.

Elle se parait aussi à toute éventualité, elle craignait que le message qu’une fugitive dont la tête était mise à un prix aussi conséquent aille attirer beaucoup de mercenaires et autres chasseurs de primes sur ses traces dans toutes les villes du pays, et donc sur tous les chemin. Son avis de recherche avait dû être renouvelé récemment pour que des gardes royaux la retrouvent seulement maintenant, que le tavernier qui l’avait dénoncée soit le premier à le faire, mais ça n’expliquait pas pourquoi elle n’avait vu que deux gardes royaux. Elle étudia la possibilité qu’ils ne fassent que de remettre à jour son avis de recherche dans toutes les villes avant de l’avoir retrouvée par chance. Les gardes de Cylirca l’auraient pourtant capturée à son arrivée, mais il était aussi possible que cette ville soit prévue sur le trajet du retour des gardes royaux en question. Ce qui semblait plus probable avec l’annonce du garde à Aldur qu’elle avait pu entendre, donc où qu’elle aille, la nouvelle qu’elle avait été vue allait aller plus vite que son cheval. Le roi ne cherchait même pas à la capturer, seulement la tuer, c’est pourquoi il préférait faire appel à des mercenaires plutôt qu’à des soldats afin d’éviter trop de dépenses militaires. C’était un moyen de montrer à Ylith la force de sa rancune mais qu’elle n’avait pas assez de dignité à ses yeux pour qu’elle soit emprisonnée puis jugée. La tuer comme un chien et piquer sa tête sur les murs de sa ville semblait être l’objectif du roi, une humiliation somme toutes banale pour une criminelle ennemie d’un roi à moitié fou.

La forêt la plus proche qu’Ylith put voir se situait au nord-ouest, mais il lui restait une longue distance à découvert à traverser avant d’y arriver, elle l’entama avant de se dire que c’était peut-être trop tôt. Elle jeta un regard en arrière une fois à découvert des collines, elle vit un groupe d’hommes descendre la première colline, elle utilisa son sens pour les observer.Ils étaient une demi-douzaine, principalement des mercenaires et les deux gardes royaux. Leurs chevaux n’étaient plus les mêmes, ils semblaient mieux taillés pour la course et le groupe s’était déchargé de tout objet ou provision inutile, ils cherchaient à la rattraper le plus vite possible.

Elle pouvait compter sur la Vision et l’Ouïe apprise auprès d’Erron pour semer le trouble parmi leurs rangs s’ils se rapprochaient trop mais elle se doutait que ça ne ferait que lui donner un peu de temps en plus car elle ne pourrait pas agir avec beaucoup de force en utilisant ce sens qui n’était pas celui de son signe. La garde royale avait dû être mise au courant de son énergision mais pas de ses sens, elle avait tout de même cet avantage. Quant à l’énergision, elle lui prendrait trop d’énergie en barrant la route avec des racines tout en s’éloignant de celles-ci. Elle pensa à créer une rivière sur la route mais elle en revenait au même point, et une plaque de glace n’aurait fait que de se briser sous les sabots ennemis. Un feu s’éteindrait trop vite vu la vitesse à laquelle elle s’en éloignerait et le vent ne pourrait que lui servir à dévier les flèches s’ils se rapprochaient trop mais elle ne pouvait pas le maintenir en s’éloignant ni modifier le courant d’air autour d’elle alors qu’elle se déplaçait à cheval sous contrainte de se vider de ses forces. Si elle restait fixe elle pourrait les empêcher de passer mais elle perdrait trop de temps près de la route et des mercenaires pourraient arriver de l’autre côté. Le seul moyen qui lui restait pour en venir à bout de ses poursuivants serait de faire une embuscade avec ses pouvoirs dans la forêt, mais pour peu qu’ils soient au courant pour son énergision, ils pourraient adopter une stratégie adéquate. Une fois dans la forêt elle devrait s’arrêter pour les piéger mais ils pouvaient très certainement l’entourer avant de se montrer. Elle fit le pari qu’ils iraient tout droit à elle, c’était sa seule chance, auquel cas elle devrait se vider de son énergie pour se défendre et donc s’exposer à la merci d’autres mercenaires à sa recherche. Six ennemis c’était beaucoup pour une première fois, elle espérait plus que tout au monde ne pas avoir à tuer.

La fuite allait être difficile.
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Dernière modification de Ylith, 26/05/2016 à 23h17
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